RMC

"Même avec une petite vague, on est en tension": à l'hôpital Nord de Marseille, les réanimations saturent

Les Bouches-du-Rhône, c’est le département de France métropolitaine le plus touché par le Covid.

La forte circulation du virus provoque des entrées à l’hôpital, dans les services de réanimation et dans les services de médecine classique. C’est le département de France métropolitaine où l’on retrouve le plus de patients covid hospitalisés. En cause selon les médecins marseillais, l’afflux massif de touristes cet été et la plus faible couverture vaccinale ici. Dans les Bouches-du-Rhône, 60% des habitants sont vaccinés contre 60% au niveau national.

A l’hôpital Nord de Marseille, le service de réanimation du professeur Laurent Zieleskiewicz est débordé. “On a dû augmenter notre capacitaire de cinq lits de façon à faire face à l’arrivée des patients covid. Ça débordait de partout”, indique-t-il.

>> A LIRE AUSSI - Covid: moins de 10 millions de personnes restent à vacciner

Comme à chaque nouvelle vague, il faut ouvrir des lits, mais aussi déprogrammer certaines opérations pour prendre en charge ces patients covid qui s’ajoutent aux autres. Le service du professeur Laurent Zieleskiewicz est un des seuls en tension aujourd’hui en France métropolitaine.

“Les patients sont arrivés sur un hôpital qui était encore un petit peu sonné des différentes vagues. Et puis c’était pendant les congés d’été donc avec des fermetures de lits. Donc très vite, même avec une petite vague, on était en tension. Et c’est le cercle vicieux, il y a plus de travail, donc plus de gens qui se mettent en arrêt maladie”, détaille-t-il.

Manque de personnel

Le manque de personnel, c’est le casse-tête quotidien de Marie-Pierre Vitiello, cadre de santé. “Il y a des congés maladie qui tombent du jour au lendemain et qu’il faut gérer”, indique-t-elle.

Congé maternité, covid ou encore burn-out, les causes des arrêts maladie sont diverses, c’est ce qui fait craindre une rentrée compliquée, car il n’a pas de “stock” de remplaçants.

“Aujourd’hui nous avons 26 infirmières absentes sur la totalité des effectifs des réanimations jour et nuit confondus. Donc nous fonctionnons beaucoup avec des heures supplémentaires, des appels à candidature extérieurs aussi. C’est une gestion d’heure en heure, face principalement à l’absentéisme qui nous ronge”, regrette-t-elle.

Et à ces arrêts maladie risquent de s’ajouter la suspension des soignants qui refusent de se faire vacciner. Des départs à la marge, mais qu’il faudra malgré tout remplacer.

Caroline Philippe avec Gullaume Descours