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Suppression de la taxe d'habitation: Macron propose de "décaler, un peu" la mesure pour les plus riches

Lors de son interview du 14-Juillet, le président de la République a expliqué qu'il était possible que la suppression de la taxe d'habitation soit décalée pour les ménages les plus riches.

"Décaler, un peu, pour les plus fortunés d'entre nous, la suppression de la taxe d'habitation". C'est une "option possible", comme l'a expliqué mardi le chef de l'Etat, tout en excluant toute augmentation d'impôts pour compenser l'explosion des dépenses publiques. Le discours de Jean Castex ce mercredi après-midi devrait éclaircir le sujet.

Selon nos informations, si cette piste se concrétisait, ce report d'exonération ne pourrait pas excéder un an ou deux, pour des raisons constitutionnelles d'égalité devant l'impôt. Pour 80% des foyers fiscaux, la taxe d'habitation a été définitivement supprimée en 2020. Pour les 20% des ménages restants, l'allègement devait être de 30% en 2021, puis de 65% en 2022, et enfin de 100% en 2023.

"C'est une façon de participer à l'effort de tous"

Une option mise sur la table par le président, pour faire contribuer les plus aisés à l'effort de relance, mais qui divise les contribuables concernés. Pour son appartement à Neuilly-sur-Seine, Maurice doit débourser 2.000 euros de taxe d'habitation par an. Une somme qu'il est prêt à payer encore quelques années s'il le faut.

"Les personnes qui se sentent aisées pourraient accepter cela. C'est une façon de participer à l'effort de tous."

"Il y a des promesses qui sont faites qui ne sont pas tenues comme d'habitude"

Thibaut qui vit dans la même rue, ne partage pas du tout cet avis.

"Je considère que c'est un scandale qu'il y ait une partie de la population qui paye la taxe d'habitation pour les autres puisque déjà je paye des impôts. Il y a des promesses qui sont faites qui ne sont pas tenues comme d'habitude."

"C'est une façon de dire que les plus riches contribueront à la facture de la crise"

Une promesse pas totalement abandonnée, mais qui pourrait donc être reportée. Pour François Ecalle, spécialiste en finances publiques, le message de l'exécutif est très clair.

"Politiquement je pense qu'il a voulu montrer qu'on allait d'une certaine façon faire payer les plus riches. Il ne veut évidemment pas refaire l'ISF tel qu'il existait avant mais c'est une autre façon de dire que les plus riches contribueront à la facture de la crise."

Une contribution qui resterait néanmoins très symbolique selon lui. Car il s'agirait seulement d'un report, d'un an ou deux, qui n'aurait pas beaucoup d'effet sur les finances publiques. Une économie de 2,5 milliards et demi d'euros pour l'année 2021.

Marie Régnier (avec J.A.)