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Alstom: "Ça fait 37 ans que je suis dans la boîte, c'est la première fois que je vois ça"

REPORTAGE - Le président François Hollande a fixé comme "objectif" lundi le maintien de la production de locomotives Alstom à Belfort et a demandé au gouvernement de se "mobiliser pour qu'il y ait plus de commandes". Pour autant, sur place, les salariés restent méfiants.

"Après Arcelor Mittal Florange, PSA Aulnay, maintenant Alstom": plusieurs centaines de personnes ont manifesté lundi contre la fermeture de l'usine de Belfort, accordant peu de foi aux promesses du gouvernement de sauver les 400 emplois menacés, mais déterminées à se battre. Parmi les salariés présents, Jean-Luc pour qui Alstom est une histoire longue de 34 ans. "Quand j'ai commencé, nous étions 1.400, se souvient-il. Aujourd'hui, nous ne sommes plus que 500. C'est le cirque !"

"Ça a toujours été comme ça, déplore-t-il encore. Cela marche pendant deux ans. Pendant deux ans on a du travail plein pot, on travaille le samedi, voire le dimanche. Et dès que les commandes baissent, on jette le salariés". Et d'ajouter: "J'ai un enfant de 27 ans, cela fait neuf ans qu'il travaille ici. Alstom était vraiment une entreprise familiale" Alstom est aussi une histoire de famille pour Christian, monteur soudeur: ses grands-parents, son père son oncle ont travaillé dans l'entreprise.

"J'attends des choses concrètes"

Il voudrait donc croire au maintien du site. "Ce serait super. Ça fait 37 ans que je suis dans la boîte, c'est la première fois que je vois ça, assure-t-il. On a eu des moments difficiles il y a quelques années mais pas comme ça". A côté de lui, son collègue Gervais acquiesce: "On a de l'espoir; en tout cas moi j'en ai. Mais si on regarde ce qu'il s'est passé il y a cinq ans pour une grande entreprise…" Cette grande entreprise, jamais directement nommée par les salariés, c'est Florange: un désastre industriel qui reste dans les esprits.

"Je ne crois pas aux effets d'annonce. On a un passé pas si lointain qui nous le prouve, explique Barbarino Augello, délégué syndical. Aujourd'hui, j'attends vraiment des choses concrètes. Je veux voir le secrétaire d'Etat et voir ce qu'il nous propose et pas qu'il nous dise simplement 'Je vais vous aider'. Ça, ça ne sert à rien." En attendant le combat continue pour les syndicats et les employés: une nouvelle mobilisation est prévue ce mercredi à Belfort.

M.R avec Mayeule de Charon