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Entretien des routes nationales: "On fait des démarches, on demande de l'aide, l'Etat ne fait pas son travail"

1 maire sur 3 n'est pas satisfait de l'état des routes dans sa commune.

1 maire sur 3 n'est pas satisfait de l'état des routes dans sa commune. - AFP

Pour un maire sur trois, l'état des routes nationales dans sa commune et autour n'est pas satisfaisant, d'après une étude Polling Vox réalisée pendant le congrès des maires. A Soligny par exemple, le maire de cette commune de l'Aube située au bord d'une route nationale dénonce un désengagement de l'Etat.

Sur le bord de la nationale, les camions défilent. Face à la circulation, Michelle Malarmey est exaspérée par cette nationale 77 qui passe au pied de son village, sans le moindre aménagement.

"J'ai une nièce qui a été tuée ici il y a plusieurs année. Il y a des gens du village qui ont été tués en sortant d'ici. Ca nous met en colère. On fait des démarches, on demande de l'aide, nous on sent que l'Etat ne fait pas son travail", explique cette élue. 

L'Etat est en effet en charge des routes nationales. Michelle Malarmey lui demande donc un aménagement, une voie supplémentaire, un rond-point, n'importe lequel qui rendrait ce carrefour moins dangereux. Mais depuis des années, ses courriers restent sans réponse.

"Vous voyez un peu le nombre de camions qui passent ici. On nous dit il n'y a pas assez de circulation, il n'y a pas assez de morts, il n'y a pas assez d'accidents pour faire un aménagement", proteste-t-elle.

L'élue redoute comme chaque année l'arrivée de l'été et des milliers de touristes sur sa nationale. Elle sait que pour l'heure elle n'a rien à attendre de l'Etat.

"Un sujet de sécurité routière"

Michelle Malarmey est loin d'être seule dans ce cas-là. Un maire sur trois en France n'est pas satisfait de son réseau routier, d'après un sondage Polling Vox. 37% d'entre eux estiment également que c'est à l'Etat de faire un effort et de financer davantage l'entretien des équipements de la route et des rues.

"Les maires attendent que l'Etat prenne sa part de dotation, qu'ils investissent dans les routes nationales de manière à ce que les routes qui passent dans leurs communes ne soient pas laissées pour compte et ne soient pas accidentogènes comme ça peut être le cas aujourd'hui dans certains territoires de France", analyse Julien Vick, délégué général du syndicat des équipements de la route.

Il estime également que l'état des routes laisse à désirer et que l'Etat a tort de délaisser ce poste de dépenses. "L'état des routes se dégrade. C'est comme votre maison si vous ne faites pas un investissement régulier, ça coûtera beaucoup plus cher pour la collectivité. Et c'est un sujet de sécurité routière."

C. B avec Marie Regnier