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Grève des pilotes d'Air France pendant l'Euro de football: "C'est une concomitance de calendrier"

Le vice-président du syndicat des pilotes d'Air France Christophe Campestre, interpellé par un auditeur de RMC, s'est défendu ce lundi d'utiliser l'Euro de football comme moyen de pression alors qu'un préavis de grève a été déposé pour le 11 juin, au lendemain du coup d'envoi de la compétition.

Du 11 au 14 juin, les syndicats de pilotes SNPL, Spaf et Alter appellent à la grève. Des dates qui coïncident avec le début de l'Euro de football qui débute le 10 juin. Une grève qui résulte pour Christophe Campestre, vice-président du Spaf d'une "dégradation du dialogue social depuis plusieurs années, des pertes d'emploi, une baisse du nombre de pilotes, une baisse du nombre d'avions". "Il est temps de montrer qu'on est capable de faire autre chose au sein d'Air France, une compagnie qui ne marche pas vers l'arrière, qui ne va pas de plans de départs volontaires en plans de départs volontaires", justifie-t-il. 

Mais pour Simon, un auditeur de RMC, en colère après les différents mouvements de grève dans les transports, cette grève annoncée est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. "Votre motif de grève c'est que du fait que vous ne puissiez pas avoir le développement de votre société, c'est de la plomber en fait". Pour lui, les grévistes d'Air France "profitent" du climat social au détriment d'une "population qui voyage, de gens qui entreprennent". Lui même chef d'entreprise, il ne comprend pas cette mobilisation. 

"Vous n'êtes qu'une bande de petits gâtés pourris qui avez votre salaire à la fin du mois quoi qu'il arrive", lance-t-il au syndicaliste qu'il accuse de vouloir profiter de l'Euro de football pour faire pression.

Sans l'Euro, "il y aurait quand même eu la grève"

"C'est une concomitance de calendrier qui est complètement indépendante de notre volonté. Tout le monde est au courant de ces dates, notre encadrement, le gouvernement. Les discussions datent depuis suffisamment longtemps pour que chacun ait pris ses responsabilités en amont (....). Il n'y aurait pas eu l'Euro, il y aurait quand même eu la grève le 11 juin", assure le pilote qui reconnaît toutefois "un aspect tactique". Pour Simon, compte tenu du contexte social, les pilotes auraient dû repousser leurs grèves.

"Les mouvement sociaux actuels, nous on a aucune vision sur leur avenir. On ne sait pas combien de temps ça va durer. On ne peut pas dire, puisqu'il y a des conflits sociaux, maintenant nous on attend la Saint-Glinglin", se défend Christophe Campestre.

Il rappelle que pour l'heure il ne s'agit que d'un préavis de grève, "ça ne veut pas dire qu'il va y avoir une grève dure à partir de samedi". 

Carole Blanchard