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Grève SNCF, les usagers exaspérés: "Les gens sont prêts à jouer des mains pour entrer dans les trains"

REPORTAGE - Les cheminots de la SNCF entament leur 9e jour de grève consécutif ce jeudi, le trafic sera de nouveau perturbé. La grève qui dure accentue les tensions entre les passagers, notamment en Ile-de-France sur le RER.

Sur le quai du RER, un train bondé entre en gare. Entre les passagers qui ne peuvent plus respirer et ceux qui veulent absolument monter dans la rame, la tension est palpable. Matin et soir, Nora vient chaque jour de l'Oise pour travailler à Paris et subit ces conditions de transport depuis le début du mouvement de grève

"Les gens s'agressent plus ou moins pour une place ou pour rentrer dans le train. Il y a beaucoup plus de tensions qu'avant la grève. On sent vraiment la tension, même l'agressivité de certaines personnes", explique cette passagère. 

Agnès, a même récemment assisté à une scène de bagarre entre deux voyageurs. "Il n'y avait pas trop de place et les gens ont voulu monter dans le wagon quand même. Et puis ils en sont venus aux mots puis aux mains, il y en a deux qui se sont frappés. Déjà il y a beaucoup de violence dans les transports, donc ça en rajoute", constate-t-elle. 

"Une fatigue qui s'accumule"

Avec un train sur deux pour le RER E et un train sur trois sur certains axes du RER B ce jeudi, lorsqu'un train entre en gare, il est tout de suite pris d'assaut. Plus de bagarres mais aussi de plus en plus de malaises de passagers. Pour Marc Pelissier, de l'association des usagers des transports, il faut que la grève s'arrête.

"Il y a des gens qui sont prêts à jouer des mains pour entrer dans les trains. Il y a un phénomène d'usure. Les Franciliens sont habitués à avoir un jour, deux jours de grève, ils s'organisent. Mais ils ne peuvent pas faire ça pendant des semaines. Il y a une fatigue qui s'accumule, des temps de transports qui se rallongent, qui sont déjà longs en temps normal", déplore-t-il.

Marc Pelissier craint aussi pour la sécurité avec des quais bondés, "on peut imaginer une chute sur les voies". Les associations demandent une indemnisation pour tous les usagers concernés. Bruno Gaseau, président de la Fédération nationale des usagers des transports, propose de "dédommager les usagers en allongeant leur abonnement au prorata de la durée de la grève". Une indemnisation d'autant plus nécessaire pour lui que "souvent la population a été solidaire des cheminots. Aujourd'hui c'est un peu à eux d'êtres solidaires de la population". 

C. B avec Marie Dupin et Romain Poisot