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La circulation différenciée est-elle une mesure efficace ou démagogique? Ça fait débat sur RMC

La circulation différenciée est reconduite ce mardi en région parisienne. Seuls les véhicules avec une vignette Crit’Air de 0 à 2 ou verte pourront rouler. Circulation différenciée à Lille également, où les Crit’Air 3 auront le droit de circuler.

La circulation différenciée pourrait être efficace si elle était mieux respectée. Si tous les véhicules classés Crit’Air 3, 4 ou 5 restaient au garage, il y aurait près d’un quart de circulation en moins à Paris et une réduction de moitié des émissions d'oxyde d'azote.

Sauf que c’est loin d’être le cas. En juin dernier, plus d’une voiture contrôlée sur 10 était en infraction. Cela a eu pour conséquence, notamment de créer d’importants bouchons.

Et puis après les différentes mises en place de la circulation différenciée, le niveau d’ozone ne chute jamais drastiquement. C’est le constat que fait Airparif, l’organisme de contrôle de la qualité de l’air en Ile-de-France.

Tout cela fait dire à Yves Carra, le président de l'Association Automobile Club, que c'est avant tout de la démagogie: "Se poser la question de l'efficacité, ça prouve déjà qu'il y a un doute et qu'on sent bien que c'est plus une décision politique qu'autre chose. C'est très peu efficace et ça ne diminue pas beaucoup la pollution. Autant pour les Crit'Air 4 et 5, on peut le comprendre mais pour les Crit'Air 3, il y a beaucoup plus de doutes. En résumé, le ratio efficacité/emmerdement pour ceux qui sont en Crit'Air 3 est largement en défaveur de l'efficacité".

"C'est bon à prendre, mais ça reste insuffisant"

Sur le long terme en revanche, les études sont claires: les mesures de lutte contre les gaz à effet de serre marchent, la pollution a diminué en Ile-de-France entre 2007 et 2018. Pour Olivier Blond, président de l'association Respire, la circulation différenciée est donc un premier pas dans la lutte contre la pollution de l'air: "La circulation différenciée a un effet mesurable selon les études: entre 5 et 10% de diminution des émissions de pollution, ce n'est pas rien et chaque petit point de pollution en moins, ce sont des vies qu'on sauve, des gens qui seront moins malades. C'est bon à prendre, mais ça reste insuffisant".

Pour aller plus loin, des zones à basse émission où les véhicules les plus polluants sont interdits toute l’année commencent à être mis en place.

Toulouse y réfléchit alors que c’est déjà le cas dans le Grand Paris, à Bruxelles ou encore à Londres, mais dans la capitale anglaise l’interdiction n’est pas stricte: on peut circuler avec une vieille voiture polluante, par contre, il faut payer 14,50 euros par jour.

Lucas Scaltritti