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Les voitures radars privées étendues à quatre régions: "C'est un virage dans la répression routière", déplore un avocat

La flotte de véhicules privés embarquant des radars va s'élargir a quatre nouvelles régions. Les PV pourraient connaître une forte augmentation craignent les associations d'automobilistes.

L'Etat veut étendre la couverture de ses routes par des radars embarqués. Actuellement, 83 voitures de ce type sont en circulation, en Normandie, en Bretagne et dans les régions Centre-Val-de-Loire et Pays de la Loire. Ces radars situés dans des voitures mobiles et banalisées sont confiés à des sociétés privées. L’Etat y a recours depuis 2018 pour relever les excès de vitesse dans les deux sens et sans qu’un flash ne signale sa présence.

Ce système permet davantage de présence sur les routes que quand les forces de l’ordre s’en occupent: environ 5h30 par jour contre 1h45 pour les policiers. Et à partir du premier trimestre 2021, 120 nouveaux véhicules vont venir renforcer la flotte actuelle en s'étendant à quatre nouvelles régions: la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand-Est, les Hauts-de-France et la Nouvelle Aquitaine.

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"L'automobiliste peut être verbalisé à tout instant, à tout moment"

De quoi faire frémir les associations d'automobilistes. La ligue de défense des conducteurs craint ainsi une explosion du nombre de PV, qui passerait, selon elle, de 1,5 à 10 ou 12 millions par an: "À partir du moment où vous confiez au privé des prérogatives de service public, le privé fait mieux. Je le dis ironiquement mais ça marche très bien. Cela marche tellement bien que c'est un virage dans la répression routière", craint ce mardi sur RMC Rémy Josseaume, avocat spécialiste du droit routier.

"L'automobiliste peut être verbalisé à tout instant, à tout moment. Ces véhicules sont très difficilement décelables. Dans le flux de circulation, ils passent totalement inaperçus", assure-t-il ajoutant qu'un agent assermenté demeure au bout du processus pour valider l'infraction.

"On n'identifie plus un conducteur mais un véhicule, on pourra constater l'imputabilité des faits pour échapper aux infractions les plus importantes". Car selon Rémy Josseaume, "les infractions les plus graves ne seront pas stoppées avec ce véhicule (...) il suffit de dire qu'on était pas conducteur", ajoute l'avocat.
Guillaume Dussourt