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Vote sur le retrait de Yannick Jadot: "En fait, on vote pour rien puisqu'il a pris sa décision"

Yannick Jadot retire sa candidature à l'élection présidentielle, au profit de Benoît Hamon. (Photo d'illustration)

Yannick Jadot retire sa candidature à l'élection présidentielle, au profit de Benoît Hamon. (Photo d'illustration) - AFP

Depuis vendredi, les électeurs écologistes doivent voter sur le retrait de la candidature de Yannick Jadot, au profit de Benoit Hamon.

Les 17.000 électeurs de la primaire écologiste ont commencé à voter vendredi à midi, jusqu'à ce dimanche midi, sur le projet d'accord conclu entre Benoît Hamon et Yannick Jadot, qui prévoit notamment le retrait de la candidature de ce dernier.

Le candidat EELV à la présidentielle a rendu public jeudi soir sur France 2 cet accord, qui comporte un volet programmatique (sortie du nucléaire en 25 ans, fin du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, proportionnelle aux législatives), et un volet électoral.

"On doit se poser la question du rassemblement"

"Ma responsabilité (...), c'est de dépasser les ego, de déporter les appareils politiques et de construire la grande aventure de cette élection présidentielle. Alors oui, ce soir, je retire ma candidature. C'est ce sur quoi voteront tous ceux qui ont participé à la primaire écologiste", a-t-il déclaré sur France 2. 

Julien Bayou, porte-parole de Yannick Jadot, explique à RMC:

"Le plan A, qui était au départ la candidature initiale de Yannick Jadot, s’est transformé en un rassemblement parce que personne n’avait prévu la victoire de Benoît Hamon, et encore moins sur un programme qui reprend l’essentiel de nos propositions. On doit se poser la question du rassemblement. Ca ne veut pas dire que l’on a forcément un plan B. S’il y a un rejet, et je le regretterai, on devra analyser la situation dès dimanche et voir comment on fait pour la suite. Il est possible de se présenter, à condition d’obtenir véritablement les 500 signatures. Cela signifie qu’on se lancerait dans la course aux parrainages dans les deux semaines, puisqu’on doit déposer une candidature avant la mi-mars." 

"La gauche peut ne pas être au second tour"

Le volet électoral de l'accord n'a pas été rendu public à la demande du PS, selon la direction d'EELV. Mais il prévoit de réserver 42 circonscriptions aux écologistes, selon le secrétaire national d'EELV David Cormand. Un nombre inférieur à l'accord de 2011 (une soixantaine de circonscriptions), mais qui a vocation à permettre aux Verts de conserver un groupe à l'Assemblée (quinze députés). Les circonscriptions des dix sortants EELV sont sécurisées, et une douzaine d'autres avaient obtenu une majorité de gauche en 2012, selon David Cormand.

Gabriel, militant de Seine-Saint-Denis, votera oui à l'alliance ce dimanche: 

"Il y a eu une grosse maladresse de la part de Yannick Jadot. Un vote est organisé ce week-end, mais en fait on vote pour rien puisque il a pris sa décision seul, de son côté, en l’annonçant à la télévision. Mais si les gens avaient voulu voter 'oui' avant, et qu'ils votent 'non' pour cette raison, je trouve que c'est idiot. La gauche peut ne pas être au second tour, donc c’est important qu’il y ait une alliance et en plus celle-ci n’est pas par défaut."

Selon le député Pascal Cherki, proche de Benoît Hamon, la ratification de l'accord par le bureau national du PS devrait être une "formalité". "Tout cela a été fait de concert avec Jean-Christophe Cambadélis et Christophe Borgel", a-t-il assuré.

Alexandra Milhat avec Chloé Gandolfo et AFP