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Factures impayées de gaz et d'électricité: les coupures ont augmenté de 4,2 % en 2018

INFORMATION RMC - RMC vous dévoile jeudi matin les chiffres du médiateur national de l'énergie.

De plus en plus de coupures d'électricité liées à des impayés: en 2018, les interventions liées à des impayés d'électricité ou de gaz ont augmenté de 4,2% par rapport à 2017, selon les chiffres du médiateur national de l'énergie que RMC vous dévoile jeudi matin. 

Au total: 572.440 interventions pour impayés en 2018. 

Des interventions qui se traduisent par des coupures ou des réductions de la puissance d'électricité. Des chiffres qui illustrent la précarité de nombreux foyers: ils sont de plus en plus nombreux à ne pas réussir à s'acquitter de leur facture. 

C'est le cas d'Odile, que RMC a rencontré dans les Yvelines, à Saint-Germain-en-Laye. Avec un impayé de 2500 euros et la fin de la trêve hivernale qui approche (31 mars), elle risque de faire face à une coupure d'électricité. Une menace qui place depuis près d'un an.

"Chaque jour, je vais vérifier que mon frigo est encore allumé"

Cette commerciale et mère de cinq enfants ne cache pas son angoisse: des agents ont déjà essayé d'intervenir chez elle pour lui couper l'électricité:

"Un technicien Enedis qui passe, je ne lui ouvre pas la porte. Sans électricité, on ne pourra pas vivre. Je suis dans une angoisse permanente, j'en fais des cauchemars. C'est un enfer". 

Face à cette situation, Odile envisage donc de ne pas payer son loyer pour honorer sa dette:

"Chaque jour, je vais vérifier que mon frigo est encore allumé parce que je me dis qu'ils ont peut-être trouvé un autre moyen de couper l'électricité. Je dois faire le choix de ne pas payer telle ou telle facture pour honorer cette dette".

Pour le médiateur national de l'énergie, Jean Gaubert, si la coupure d'électricité est un dernier recours, elle est tout de même nécessaire:

"Je ne suis pas de ceux qui pensent qu'il faut interdire les coupures. Dans ce cas, nous n'aurions pas que des personnes précaires qui ne paieraient pas. Dire de ne pas couper l'électricité reviendrait à dire à certains: 'Faites n'importe quoi, ce n'est pas grave'". 

Face à de telles situation, le médiateur national de l'énergie demande à ce que soit mis en place un fournisseur de dernier recours, de mieux accompagner les familles précaires et d'accélérer les programmes de rénovation énergétiques pour les biens mis en location. 

Mahault Becker-Granier et Thomas Chupin