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Mondial de l’auto: la star, c'est la voiture à hydrogène

Le Mondial de l’auto, qui s’ouvre ce lundi à Paris, va être marqué par la présentation de plusieurs modèles de voitures qui roulent à l’hydrogène.

En pleine crise du carburant, se tient cette semaine à Paris le Mondial de l’auto, où sont dévoilées toutes les voitures de demain. Entre pénurie d’essence et explosion des prix, la solution du futur se trouve peut-être dans l’hydrogène. Il y a des pour et des contre, car aucune solution n’est parfaite ni magique. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a énormément d’innovations dans ce domaine, présentées à l’occasion de ce Mondial. Et notamment des innovations françaises, avec plusieurs modèles présentés. La voiture du futur, c’est un concept de la mythique Alpine de Renault revisitée à la sauce hydrogène, qui s’appelle l’Alpenglow (lueur des Alpes), qu’on croirait sortie d’un jeu vidéo ou d’un film de science-fiction (on est entre K2000 et la Batmobile), avec des lignes totalement futuristes, et qui tourne à l’hydrogène. Le moteur ne rejette qu’un peu de vapeur d’eau. Ensuite, on peut citer Hopium (avec un H), qui se voit déjà comme le Tesla de la voiture à hydrogène. Son créateur, Olivier Lombard, est un ancien vainqueur des 24h du Mans. Une berline ultra luxueuse, ultra épurée, sans portière. Elle s’ouvre automatiquement quand on s’approche, il y a un écran géant déroulable à l’intérieur en guise de tableau de bord. Et elle fonctionne grâce à une pile à combustible.

Il y a aussi un SUV d’une marque française qui s’appelle NamX, dessiné par Pininfarina, avec un système de capsules d’hydrogène amovibles, qu’on pourrait changer très facilement, dans une station, comme une grosse capsule Nespresso, et qui lui donnerait une autonomie de 800 km. C’est l’un des avantages de l’hydrogène, sur le papier: résoudre deux des gros problèmes de l’électrique classique, celui de l’autonomie (traverser la France d’un coup) et celui de la recharge. Quatre minutes pour la recharge ! Il n’y a pas besoin de brancher la voiture comme avec l’électrique, mais simplement de remplir le réservoir d’hydrogène, un peu comme on fait le plein d’essence, et ça ne prend pas plus longtemps.

Sauf que là, on parle de voitures de luxe. Avant que M et Mme Tout-le-monde aient accès à ce genre de technologie, il va falloir des années... Comme souvent, pour être appétissante, on nous montre cette technologie sur des modèles d’exception, de 80.000 à plus de 100 000 euros en fonction des modèles... Mais à côté de ça, les constructeurs travaillent aussi sur des modèles moins sexy mais plus pratiques et proches de nos vies, notamment des fourgons, des véhicules utilitaires, qui sont aussi présentés sur le salon. Mais aussi des taxis, des bus, et même... des vélos! Une alternative aux vélos électriques, qui roulent beaucoup plus longtemps et qui se rechargent en moins d’une minute chrono. Sans même parler des avions, car là aussi l’hydrogène va être une révolution potentielle pour suppléer le kérosène.

Encore beaucoup de défis technologiques

Certains chercheurs travaillent aussi sur de nouveaux types de moteurs qui permettent de faire passer une voiture essence à l’hydrogène, ce qui permettrait d’accélérer la démocratisation. L’autre question cruciale, c’est : combien ça coûtera de faire un plein? Si on prend l’exemple de la Toyota Mirai qui est déjà sur les routes, il faut compter autour de 50-60 euros pour un plein de 650 km. Donc beaucoup moins cher qu’un plein de carburant aujourd’hui. Et on est proche des tarifs de l’électrique qui sont en pleine explosion (sauf si on recharge chez soi ou dans son entreprise).

Ça vend du rêve, mais il reste beaucoup de défis technologiques à relever. D’abord, on dit que c’est une énergie propre mais en fait, c’est un peu plus compliqué que ça... Cet hydrogène, il faut le produire. Cela a beau être l’élément le plus abondant de l’univers (92% des atomes de l’univers sont des atomes d’hydrogène), mais sur Terre il est très peu présent naturellement, donc il faut le fabriquer. Aujourd’hui, 95% de l’hydrogène est produit en utilisant des énergies fossiles, en générant énormément de CO2... D’où l’importance de développer de l’hydrogène décarboné ("hydrogène vert"), par électrolyse de l’eau, en utilisant des énergies renouvelables comme le nucléaire, l’éolien, l’hydroélectrique... Ensuite, il faut des stations de ravitaillement spéciales, plus lourdes à installer que de simples bornes de recharge pour l’électrique. Aujourd’hui, on en compte une trentaine seulement en France. Rien d’insurmontable, mais ce sont des défis technologiques qui vont devoir être relevés dans les années qui viennent.

Anthony Morel