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Tensions autour du fait religieux chez Orange: "Il faut rétablir l'égalité entre les salariés"

La CFE-CGC d'Orange propose à la direction du groupe de remplacer les autorisations spéciales d'absence pour fête religieuse par des jours "liberté" accessibles à tous afin de "rétablir l'égalité entre les salariés" comme l'a expliqué ce mercredi sur RMC Sébastien Crozier, son président.

Querelles de chapelle chez Orange. Alors que le groupe doit organiser une consultation sur le fait religieux au début du mois de juillet, la CFE-CGC a adressé une lettre à la DRH, dans laquelle elle indique que la question religieuse "devient polémique dans l'entreprise". Aujourd'hui, chez Orange (et c'est le cas aussi dans les entreprises publiques), seules les fêtes catholique et protestante donnent droit à des jours fériés puisqu'elles sont dans le calendrier (Noël, Pâques, etc).

"Générateur de tensions"

Mais, en théorie, un salarié qui travaille chez Orange a le droit de prendre des congés spéciaux (de un à trois jours, ndlr) pour des fêtes orthodoxes, juives, musulmanes ou encore bouddhistes. Mais, dans la pratique, au sein du groupe, ce droit n'est pas toujours respecté. Dans les centres d'appel et les boutiques, par exemple, il est presque impossible d'obtenir ces congés notamment les dimanches, qui sont de moins en moins chômés.

Résultat au sein de l'entreprise, il y a de plus en plus de tensions. Alors pour remplacer ces autorisations spéciales d'absence, la CFE-CGC propose d'instaurer la même règle pour tous, et quelle que soit sa religion: trois jours de RTT, baptisés "jours de liberté" que le salarié pourrait poser à sa convenance, sans que son manager puisse s'y opposer. "Il est complètement légitime qu'un collaborateur, qui souhaite disposer d'un jour pour une fête religieuse, puisse le faire. Or, à date, c'est soumis à l'approbation du chef de service, qui peut le refuser, souligne sur RMC, Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC Orange. Ce qui est générateur de tensions".

"Supprimer les références religieuses"

Cette situation engendre une "double difficulté", estime-t-il: "La première, pour les managers qui se voient très difficilement en situation de refuser un jour, même si c'est la décision du chef de service. Ils ne veulent pas être taxés de discrimination vis-à-vis de personnes qui souhaitent pratiquer la religion à l'extérieur de l'entreprise. Cela introduit aussi une distorsion entre ceux qui bénéficient de jours supplémentaires par rapport aux autres". "Nous sommes dans une entreprise qui fonctionne avec un régime supérieur aux 35 heures. Donc, en compensation, nous avons des jours de RTT. Nous disons donc que, dans ces jours de RTT, chaque salarié doit pouvoir avoir la possibilité de les poser quand il le veut, sans justification", ajoute encore Sébastien Crozier. "Le motif religieux doit aussi disparaître des demandes faites, exige encore le président de la CFE-CGC Orange. Cela permettrait de rétablir l'égalité, ce qui est, selon nous, un principe sain. Il faut à la fois supprimer les références religieuses dans l'entreprise et rétablir l'égalité entre chacun des salariés en termes de jours d'absence". Et de juger, en conclusion: "A ce sujet, la direction se doit de nous répondre".

Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin