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"Les agriculteurs ne sont pas rémunérés pour leurs efforts" dénonce une géographe

Du 25 février au 5 mars, les candidats à la présidentielle défilent au Salon de l’agriculture. Pourtant, malgré les engagements et les propositions, l’agriculture Française est toujours ancrée dans une crise profonde, qui pousse souvent les agriculteurs au suicide.

C’est un drame qui se joue dans les campagnes françaises à l’heure où le salon de l’agriculture bat son plein. Un à deux paysans se suiciderait chaque jour. Pourtant, l’agriculture reste très importante pour la France, représentant les deux tiers des paysages et 14% de la population active. Pour Sylvie Brunel, géographe et professeur à Paris-Sorbonne, l’agriculture souffre de l’imagine que lui a collé la grande distribution. L’auteur du livre Plaidoyer pour nos agriculteurs (Buchet-Chastel, 2017) et invitée dans 100% Bachelot, décrie également des normes accablantes. 

"La grande distribution et certaines ONG, ont tout fait pour nous convaincre que l’agriculture dite conventionnelle, était pleine de produits chimiques et mauvaises. L’objectif était de nous vendre du bio qui forcément coûte plus cher. Les gens ont commencé à avoir peur et à regarder leurs agriculteurs avec suspicion. Les enfants d’agriculteurs rentraient de l’école et demandaient à leurs parents, s’ils polluaient en aspergeant les pommes, le maïs…"

La professeure à Paris-Sorbonne explique comment, petit à petit, la culpabilité peut conduire les agriculteurs au doute. "Eux qui sont fiers de leurs produits, qui savent tout le soin qu’ils mettent à élever leurs bêtes, à cultiver leurs champs, ne sont pas reconnus pour la qualité de leur travail. Ils ne sont pas rémunérés pour les efforts nourriciers et paysagers qu’ils font pour la société".

100% Bachelot avec A.B.