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Une machine qui lit la vérité dans vos yeux: le détecteur de mensonges ultime

Dans "Estelle Midi" ce mardi sur RMC et RMC Story, Anthony Morel a présenté le détecteur de mensonges ultime, qui est capable d’aller chercher la vérité en lisant dans les yeux.

On connaît les détecteurs de mensonge, grand classique des séries policières américaines. La version ultime de l’appareil : une machine qui lit en nous comme dans un livre ouvert. Ses inventeurs sont tellement sûrs d’eux qu’ils proposent de le tester sur des hommes politiques. Ça pourrait pimenter les débats de la présidentielle… Ils affirment avoir réinventé le fameux polygraphe, détecteur de mensonges souvent décrié pour son manque de précision, car il existe des méthodes pour "tricher". Ce qu’a mis au point cette startup, Converus, c’est un détecteur de mensonges qui va aller chercher la vérité dans vos yeux. Nos yeux, dont on dit souvent qu’ils sont le miroir de l’âme, nous trahissent. Ils ne peuvent pas mentir, en tout cas pas mentir à la machine.

Le dispositif s’appelle EyeDetect. On vous met devant un ordinateur équipé d’une caméra, des questions s’affichent à l’écran : "Est-ce que vous vous appelez X ? Oui", "Est-ce que vous avez tué votre belle-mère ? Non". Et pour chaque réponse, on va aller chercher dans vos yeux des choses imperceptibles pour l’œil humain. La machine mesure 60 mouvements involontaires des yeux chaque seconde. La dilatation de la pupille, les micromouvements des paupières, le temps qu’on passe sur chaque question, à revenir sur un mot ou un autre… 30 min de test, 180.000 points d’analyse.

En fait, tout part du principe que d’un point de vue de l’expression corporelle, il est beaucoup plus difficile de mentir que de dire la vérité, et que le mensonge se manifeste toujours de façon physique, même si c’est presque imperceptible. L’entreprise se vante d’un taux d’exactitude de 86%. Et la techno intéresse beaucoup le gouvernement américain : elle est testée par l’administration, les douanes notamment, ou encore dans les entretiens d’embauche de certaines ambassades.

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Une technologie qui intéresse la justice et les contrôles aux frontières

Ce sont des outils qui intéressent aussi beaucoup la justice. On pourrait détecter qui dit la vérité et qui ment pendant un procès. Des ingénieurs de l’université du Michigan ont mis au point un logiciel auquel on a fait "regarder" des vidéos de vrais procès qui ont eu lieu dans les tribunaux américains. Il décortique les gestes et les mouvements de l’accusé et des témoins, leur comportement, la façon dont ils bougent leurs mains, les traits du visage, les petites grimaces, même imperceptibles à l’œil humain qu’ils font au cours de l’interview, le nombre de fois où il utilise des béquilles de langage, du genre "hum hum", la manière dont il regarde l’avocat ou le juge dans les yeux… Ce que les amateurs de poker appellent les "tells", tous ces petits signes qui montrent qu’on est en train de bluffer.

Résultat : l’ordinateur a su détecter si l’accusé disait la vérité ou mentait dans 75% des cas. Contre 50% pour les humains soumis aux mêmes images. Et ce n’est qu’un début puisque bientôt, grâce à des caméras thermiques, l’ordinateur sera capable d’analyser, pendant que le suspect est en train de parler (et sans jamais le toucher) l’évolution de son rythme cardiaque, de sa température corporelle ou encore sa respiration, qui là encore peuvent montrer un état de stress anormalement élevé.

L’Union européenne veut même mettre en place des détecteurs de mensonge aux frontières de l’espace Schengen. Un projet lancé en 2018, pour détecter si un voyageur ment sur le motif de son voyage ou le contenu de ses bagages… On arrive à l’aéroport et là, on va être mis devant un ordinateur équipé d’une webcam. Sur l’écran, va apparaître un garde-frontière virtuel, qui va poser des questions au voyageur, auxquelles il faut répondre à voix haute. Comment vous appelez-vous ? Pourquoi faites-vous ce voyage ? Qu’y a-t-il dans votre valise ? La caméra vous observe et c’est une intelligence artificielle qui analyse les réponses et qui essaie de déterminer si vous dites la vérité ou non, grâce à un système d’analyse du visage. A partir de cet interrogatoire, on attribue au voyageur un "score de risque" : s’il est faible, le douanier humain vous laisse passer sans problème. Le contrôle est plus lourd si on estime que vous avez essayé de tricher.

Anthony Morel