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Aéroport de NDDL : "Si le résultat du référendum est oui, nous contesterons toujours cet aéroport"

Pour David Cormand, secrétaire national EELV, le référendum de Notre-Dame-des-Landes n'a pas été organisé dans de bonnes conditions.

Pour David Cormand, secrétaire national EELV, le référendum de Notre-Dame-des-Landes n'a pas été organisé dans de bonnes conditions. - -

David Cormand, le nouveau chef d'Europe-Ecologie-Les-Verts, invité des Grandes Gueules vendredi, espère que le "non" à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes l'emportera lors du référendum organisé dimanche. Mais face à une organisation du scrutin qu'il juge "biaisée", son parti continuera de contester le projet.

Le référendum sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne mettra peut-être pas un point final au débat. Dimanche, les habitants de Loire-Atlantique devront se prononcer sur la construction du nouvel aéroport contre lequel sont toujours mobilisés zadistes et militants écologistes qui dénoncent les conséquences environnementales du projet.

Mais David Cormand, élu récemment secrétaire national d'Europe-Ecologie-les-Verts, entend bien continuer à marquer son opposition si le projet d'aéroport est validé par le vote. Si le oui arrive en tête, actera-t-il la décision démocratique? "Non", réplique David Cormand. Le chef des verts justifie cette opposition par les conditions dans lesquelles a été organisé le référendum.

"On nous a dit que cet aéroport est un aéroport structurant pour tout le Grand-Ouest. La région Bretagne, la région Pays-de-la-Loire vont payer, les contribuables vont payer. Pourquoi c'est uniquement au niveau du département qu'on fait cette consultation?", regrette-t-il.

Pourtant, les militants écologistes opposés à l'aéroport participent au débat sur place et espèrent l'emporter. "On y a participé malgré toutes les embuches. On espère gagner malgré une règle du jeu biaisée. Mais si on perd on continuera à dire que cette règle du jeu était biaisée", poursuit David Cormand. 

Le gouvernement a oeuvré "en catimini"

Un raisonnement qui questionne les Grandes Gueules. "Vous êtes en train de nous expliquer que si vous gagnez c'est formidable, il faudra en tenir compte, mais que si vous perdez on ne le pourra pas. C'est honteux politiquement", estime François Degois. David Cormand considère au contraire que son positionnement est justifié. Ce qui devait être "une occasion formidable de faire un vrai exercice de démocratie environnementale" s'est en effet selon lui transformée en "gâchi". L'élu des verts met en cause le gouvernement qui a selon lui oeuvré pour que le périmètre du référendum tourne en faveur de l'aéroport.

"Ce qui aurait été une bonne chose c'est de mettre autour de la table les partisans et les opposants à ce projet, de dire comment on organise une vraie consultation, sur un périmètre adapté avec les arguments pour et les arguments contre. Or là ce qui s'est passé, en catimini le gouvernement a dit le périmètre ce sera celui où on a déjà fait les sondages, où on espère pouvoir gagner quasiment à tous les coups", dénonce David Cormand.

Il estime également que les partisans du "oui" ou du "non" n'ont pas bénéficié de la même visibilité pour faire convaincre les électeurs. "Les collectivités locales, qui sont favorables à ce projet ont mis des moyens publics pour faire campagne pour le pour et à côté de ça les opposants ont été pris en étau et ont quand même joué la partie", note le chef d'EELV. Pour lui, si le oui l'emportait malgré "tous ces handicaps, ce serait une belle victoire". 

Carole Blanchard avec les Grandes Gueules