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Agressée sexuellement par Pierre Ménès, Francesca Antoniotti, ancienne journaliste sportive, témoigne sur RMC

TEMOIGNAGE RMC - Invitée des "Grandes Gueules" de RMC ce mardi, Francesca Antoniotti, ancienne journaliste sportive est revenue sur son agression par Pierre Ménès et sur le documentaire de Marie Portolano.

Francesca Antoniotti était l'invitée des GG ce mardi. L'ancienne journaliste sportive est revenue sur l'agression qu'elle a subie de la part de Pierre Ménès qui l'avait embrassée de force sur un plateau de télévision en 2016:

"Sur le moment, je l’ai mal vécu, ça m’a humiliée parce que je trouvais ça pas nécessaire. Personne n’a réagi, tout le monde a rigolé, j’ai laissé couler. Quand on est une fille dans le milieu du journalisme sportif, on a envie de bosser, pas forcément se mettre en conflit avec les grosses têtes du milieu".

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Mais l'ancienne journaliste pointe le problème plus large du milieu journalistique: "Tout le monde a été choqué parce que c’est une partie visible et que ça a été filmé, mais si je vous raconte tout ce que j’ai vécu en tant que journaliste sportive, c’est une toute petite goutte d’eau, vraiment".

"Je me suis éloignée de ce milieu à cause de ça, à cause des commentaires très durs que je pouvais recevoir en interne ou sur Internet. J'ai vécu des choses qui m'ont dégoûtée de ce milieu-là. Ça a été des journalistes qui disaient qu'ils ne voulaient pas 'débattre avec une pute', des gens qui me disaient 'si tu ne fais pas ça, tu n'intégreras pas la rédaction'.
Ça a été très compliqué. Ça a été des menaces de mort sur Twitter parce que je m'étais trompée sur un pronostic sur Cavani. Les gens cherchaient l'école de mon fils. Tout ça m'a beaucoup abimée", a-t-elle aussi expliqué.

"Si tu parles, tu ne bosses pas"

A l'époque, Francesca Antoniotti n'avait pas osé parler:

"Je ne l'ai pas dit, c'était bien avant #metoo et j'avais envie de bosser, j'avais besoin de bosser. L'équation a été très simple à résoudre. Et si tu parles, tu ne bosses pas. On sait très bien que ce n'est pas moi qui aurais été virée. Ce sont toujours les femmes qui parlent qui dérangent".

Diffusé dimanche sur Canal+, le documentaire "Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste", de Marie Portolano, ancienne journaliste maison en partance pour M6, retrace plus de 40 ans de lutte pour la parité dans ce secteur très masculin, entre regards condescendants, remarques sur le physique, voire harcèlement.

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P.B.