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"Balayez devant votre porte!": la réponse sèche de Roselyne Bachelot au médecin Jérôme Marty sur la grippe H1N1

Accusée d'avoir mal géré la crise de la grippe H1N1, l'ancienne ministre de la Santé Roselyne Bachelot a notamment rétorqué que les élections professionnelles du monde de la santé ont conduit à un "torrent de démagogie" sur la question.

"Vous avez échoué comme les autres". Le médecin généraliste Jérôme Marty sociétaire des Grandes Gueules et président de l'Union française pour une médecine libre, y est allé fort en évoquant la gestion de la crise de la grippe H1N1 de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé à l'époque. 

Alors qu'elle estime que le temps lui donne raison sur cette question, notamment durant cette pandémie de coronavirus, elle a expliqué dans les GG sur RMC ce mardi qu'elle pensait qu'on lui rendrait justice un jour, mais qu'elle ne verrait pas cela de son vivant.

"Ce que la profession reprochait, ce ne sont pas les stocks mais les 'vaccinodromes'"

Jérôme Marty salue qu'elle ait fournit les stocks nécessaires, mais estime tout de même qu'il faut "enlever la peinture rose" sur cette histoire du passé et regarder la couche inférieure.

"Ce que la profession reprochait, ce ne sont pas les stocks mais les 'vaccinodromes'. On avait créé des immenses centres de vaccinations où on avait exclu les professionnels de santé libéraux. On a mis un doute sur la vaccination qu'on a pas pu récupérer les années après."

"Vous n'êtes pas tous blancs dans cette histoire"

La réponse de l'ex-ministre ne s'est pas faite attendre.

"Sur ce que vous appelez méchamment les 'vaccinodromes'. Je crois que vous n'avez pas compris, mais après tout c'est normal, un certain nombre de difficultés. Contrairement à une image d'ignorance, nous avons toujours eu des problèmes de livraison de vaccins. Je n'ai pas été à la tête de dizaines de millions de vaccins.
Ils arrivaient au compte-gouttes et surtout par boîtes de 500 doses non-déconditionnables. Ce qui faisait que lorsque l'on recevait 2 millions de doses on avait 4.000 boîtes. J'étais donc dans l'impossibilité d'armer les cabinets libéraux. Je n'avais pas assez de boîtes. J'étais devant une difficulté logistique considérable, je l'ai expliqué aux médecins. Je ne voulais pas que les médecins, si l'épidémie était grave, se trouvent dans l'obligation de vacciner, je voulais libérer du temps médical.
Et qu'est-ce qu'il s'est passé aussi ? Car vous n'êtes pas tous blancs dans cette histoire. Il y avait les élections professionnelles qui se profilaient. Et ça a donné lieu chez certains syndicats médicaux à un torrent de démagogie. Car derrière tout ça il y a des enjeux de pouvoir qui sont du pouvoir politique. Alors je veux bien qu'on m'accuse mais vous balayez devant votre porte! Il y aurait d'un côté les bons et les méchants, il y en a ras-le-bol."
J.A.