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"Ma priorité, c'est de faire en sorte que les vaccins arrivent à l'été pour atteindre l'immunité collective", affirme Thierry Breton

Le commissaire européen en charge des vaccins a justifié sur RMC la stratégie de l'Europe qui au contraire des Etats-Unis a distribué des vaccins au lieu de tout garder pour soi.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a critiqué jeudi la lenteur "inacceptable" de la vaccination contre le Covid-19 en Europe, qui est confrontée à la situation épidémique "la plus inquiétante" depuis "des mois".

"Le rythme lent de la vaccination prolonge la pandémie", déplore la branche européenne de l'organisation onusienne, en soulignant que le nombre de nouveaux cas en Europe a fortement progressé ces cinq dernières semaines.
"Les vaccins sont notre meilleure voie pour sortir de la pandémie. Non seulement, ils fonctionnent, mais ils sont aussi très efficaces pour limiter les infections. Néanmoins, le déploiement de ces vaccins est d'une lenteur inacceptable", a tancé le directeur de l'OMS Europe, Hans Kluge, cité dans le communiqué.

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Pour Thierry Breton, Commissaire européen en charge des vaccins, qui était invité du Grand Oral des Grandes Gueules, l’Europe est en train de combler son retard.

“On est encore dans la pandémie. On aura gagné quand on aura atteint l'immunité collective. Mais les vaccins, il faut les fabriquer. On est dans une société consumériste où on a l’impression que en un claquement de doigt on passe une commande et ça arrive tout de suite et bien pas pour des vaccins. L’Europe est actuellement le premier continent au monde en termes de fabrication de vaccin. 190 millions de doses ont été fabriquées en Europe. À la deuxième place, ce sont les Etats-Unis avec 180 millions”, indique-t-il.

L'immunité collective atteinte mi-juillet?

Cependant, il précise qu’à la différence des Etats-Unis par exemple, l'Europe a fait le choix de distribuer les vaccins qu’elle produit et de ne pas tout garder pour soi. 

“La différence, c’est que les Etats-Unis ont décidé de garder toutes les doses, il n’y en a pas une qui sort tant que l’immunité collective n’est pas atteinte. En Europe, on a adopté une autre politique parce qu’on a des voisins dont il faut prendre soin. On a 60% des doses pour nous et 40% pour les autres”, précise-t-il.

Il précise par ailleurs que le rythme de production va s’accélérer dans les semaines à venir. “Le retard va être rattrapé, car nous avons maintenant 53 usines en Europe qui fonctionnent”, assure-t-il.

Il précise que l’Europe est désormais en capacité de livrer suffisamment de vaccin, pour que l’immunité collective, c’est-à-dire 70% de la population adulte, soit atteinte le 14 juillet. 

Guillaume Descours