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Vélib', Vélov…: "Les villes perdent beaucoup d'argent"

Le Velov, à Lyon, a 10 ans.

Le Velov, à Lyon, a 10 ans. - Philippe Desmazes - AFP

Le premier service de location de vélo en libre-service, Vélov, a été lancé il y a 10 ans, le 19 mai 2005. Depuis, de nombreuses villes françaises se sont équipées. Pour un coût abyssal, comme en a témoigné le maire UMP de Valence, ce mercredi dans les Grandes Gueules.

Il y a 10 ans, le 19 mai 2005, le premier service de location de vélos en libre-service voyait le jour, à Lyon. Appelé Vélov', ce service allait rapidement essaimer à travers toute la France. A Paris en 2007, mais aussi à Nantes, Pau, Marseille, Orléans, Valence… C'est devenu une marotte des élus locaux, nombreux à vouloir leurs vélos en libre-service. Mais 10 ans après, force est de constater que ce système, s'il est plébiscité par ses utilisateurs, coûte très cher aux communes. Trop cher même pour certaines villes qui songent à s'en séparer.

Le modèle économique n'est pas viable. A Valence, dans la Drôme, par exemple, le coût annuel atteint 400.000 euros pour… 300 abonnés. "Oui, nous perdons beaucoup d'argent", a reconnu ce mercredi dans les Grandes Gueules Nicolas Daragon, maire UMP de Valence.

"Pourquoi ça coûte cher ? Parce que les vélos doivent être particulièrement solides, parce qu'il faut les entretenir tous les jours, qu'il faut les ramener sur les stations pour qu'ils soient bien répartis… donc les charges sont largement supérieures aux recettes".

"Les charges sont largement supérieures aux recettes"

A Valence, l'abonnement coûte entre 40 et 50 euros. Mais pas question de l'augmenter: "Ça paraît compliqué de revoir à la hausse les tarifs parce il y a un coût dissuasif à un moment. De toute façon on ne cherche pas la rentabilité sur les transports en commun, dont 90% du financement provient de la taxe 'versement transport' payée par les entreprises. Donc pour que notre service de vélo devienne équilibré il faudrait le même type de taxe, ce qui n'est absolument pas envisageable".

Du coup, les élus tentent de renégocier leur contribution aux prestataires du service, qu'il s'agisse de grandes entreprises comme JC Decaux à Paris, où des sociétés plus modestes comme Transdev, à valence. Nicolas Daragon, lui, veut revoir l'offre en limitant le nombre de vélos ou de stations.

300 à 400 Vélib' à réparer chaque jour

Mais si les Vélib' et autres Vélov coûtent si chers à la collectivité, c'est aussi à cause du vandalisme. A Paris, sur les Vélib', "c'est un vrai massacre", a expliqué dans les GG Hansi, technicien Vélib'.

"Il y a 300 ou 400 Vélib' qui rentrent chaque jour en atelier pour être réparés. C'est uniquement du vandalisme, c'est volontaire. On retrouve aussi beaucoup de Vélib' dans la Seine", déplore le technicien.
Philippe Gril avec les GG