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Mannequins trop maigres: "Les gens n'en veulent plus, le milieu de la mode doit le comprendre"

Ce mercredi dans M comme Maïtena, le député Olivier Véran a pointé le cynisme des entreprises de monde ayant recours à des mannequins trop maigres, malgré une loi "anti-maigreur" entrée en vigueur l'an dernier.

Un peu moins d'un an après l'entrée en vigueur d'un décret "anti-maigreur", le milieu de la mode joue-t-il le jeu? Pas vraiment, explique le député Olivier Véran, rapporteur des amendements anorexie en 2015.

"J'avais contacté Yves-Saint-Laurent car dans le magazine printemps-été, c'est juste hallucinant: on voit les côtes de jeunes femmes sous la peau, les joues émaciées. Il y a une loi qui n'est pas respectée. J'ai interpellé Yves Saint Laurent qui ne m'a pas répondu. En revanche un responsable d'une maison de mode est venu me présenter une charte de bonnes pratiques qui a été mise en place par l'ensemble des groupes de mode sur l'ensemble du territoire national", a-t-il raconté dans M comme Maïtena.

"L'anorexie chic, c'est ringard"

Et l'explication de la maigreur excessive des mannequins est assez simple: "Il m'a été expliqué que les grands couturiers en avaient eu assez d'être éclipsés par les mannequins vedettes qui étaient plus connus que les couturiers eux-mêmes. Donc ils ont décidé de rajeunir leurs mannequins pour qu'il n'y ait plus de vedettes. Ces jeunes mannequins pouvaient donc rentrer dans une taille 32, et celles, un peu plus âgées qui ont voulu rester dans le métier ont été contraintes de maigrir pour être concurrentielles par rapport à ces ados".

Le député a tenu toutefois à rester ferme: "J'ai expliqué qu'il fallait que la loi soit respectée. On m'a dit qu'il fallait du temps pour s'adapter et je leur ai expliqué que si on diminue la vitesse légale sur la route et qu'on se fait prendre par les gendarmes en excès de vitesse, on ne va pas demander un peu de temps. Donc, non il n'y a pas de temps, ça suffit. L'anorexie chic, le fait de faire commerce de la mode sur la maigreur excessive, c'est ringard, les gens n'en veulent plus, le milieu de la mode doit le comprendre".

P.B.