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LVMH et Kering bannissent les mannequins trop maigres: "Ca marque une prise de conscience"

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Les géants du luxe Kering et LVMH, représentant des grands noms comme Gucci, Saint Laurent, Vuitton et Dior, ont adopté une charte commune pour interdire le recours à des mannequins trop maigres et âgés de moins de 16 ans, une prise de conscience accueillie positivement.

C'est la première fois que deux grands groupes de luxe s'associent en faveur de la lutte contre l'anorexie. Alors que s'ouvre aujourd'hui la fashion week de New York, LVMH et Kering (Louis Vuitton, Céline ou Givenchy pour LVMH, Gucci, Saint Laurent ou Balenciaga pour Kering) ont annoncé mercredi avoir établi une charte portant sur le bien-être des mannequins.

Désormais, ces marques vont refuser les tailles inférieures à 34 pour les femmes et ne pas recruter de mannequin de moins de 16 ans, nommer un accompagnateur pour les 16-18 ans et interdiction de travailler entre 22h et 6h du matin.

"Il y aura un effet d'entraînement"

Olivier Véran, député La République en Marche de l'Isère et rapporteur de la loi Mannequin adoptée en mai 2017, salue une avancée: "C'est une étape importante, c'est une étape supplémentaire dans la lutte contre l'anorexie. Ce qu'on va interdire c'est qu'un adulte puisse défiler dans un pantalon de taille 32, c’est-à-dire un pantalon qui est normalement porté par une fillette de 12 ans. Ça marque une prise de conscience par les géants de la mode que la situation ne pouvait plus durer. Il y aura nécessairement un effet d'entraînement puisque là nous parlons de deux grands géants de la mode, donc on voit mal les autres industriels de la mode ne pas suivre le pas de LVMH, notamment".

Les deux groupes ont déclaré espérer être suivis et déclencher un vrai changement dans le monde de la mode. Ces engagements vont au-delà de dispositions légales sur l'emploi des mannequins entrées en vigueur en France en mai. La charte requiert ainsi la présentation d'un certificat médical datant de moins de six mois, tandis que la loi prévoit que ce certificat -prenant notamment en compte l'indice de masse corporelle (IMC) du mannequin-, peut remonter jusqu'à deux ans.

Cécile Costes (avec P.B.)