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Retrait de Naomi Osaka de Roland-Garros: "Elle met un doigt sur un sujet tabou dans le sport de haut niveau, qui est la santé mentale", assure Sarah Pitkowski

La numéro 2 mondiale Naomi Osaka, engagée dans un bras de fer avec les organisateurs de Roland-Garros pour son refus de participer aux conférences de presse, a annoncé qu'elle se retirait du tournoi, lundi sur les réseaux sociaux.

Naomi Osaka a décidé de quitter Roland-Garros. Face à la crise née de sa décision de ne pas donner de conférence de presse à Roland-Garros et aux menaces formulées par les quatre tournois du Grand Chelem, la numéro 2 mondiale a annoncé son retrait du tournoi lundi soir.

Dans un long message posté sur son compte Twitter que la Japonaise de 23 ans a expliqué son choix. "C'est une situation que je n'avais pas imaginée ni cherchée quand j'ai tweeté il y a quelques jours, commence Osaka. Je pense que, maintenant, la meilleure chose pour le tournoi, les autres joueuses et mon bien-être est que je me retire pour que chacun puisse se reconcentrer sur le tennis”, écrit-elle.

Une situation inédite qui pose question. Est-ce qu’un sportif professionnel à le droit de ne pas aller aux conférences de presse? Pour l’ancienne joueuse de tennis professionnelle, Sarah Pitkowski, le mal est bien plus profond.

“C’est très rare de voir une sportive professionnelle se livrer comme ça. Je pense que tout le milieu du tennis a été surpris parce que quand elle a annoncé qu’elle boycottait les conférences de presse, tous ceux qui y sont ont leur demande de réagir sur ce boycott. Et donc forcément ils disent qu’ils comprennent le choix de Naomi Osaka mais qu’ils ne peuvent pas le cautionner. Mais quand elle dit que c’est pour protéger sa santé mentale. Et là elle met un doigt sur un sujet qui est presque tabou dans le sport de haut niveau, c’est la santé mentale. Tous autant qu’on est on se dit, elle est numéro 2 mondiale, voyage dans les plus grands pays du monde, dans les meilleures conditions, elle fait le métier qu’elle aime, elle gagne beaucoup d’argent et elle est idolâtrée au Japon. Donc on se dit pourquoi ça n’irait pas. C’est avant tout un être humain qui a deux bras et deux jambes, et qui en ce moment et même depuis quelques années, est une jeune femme dépressive pour différentes raisons. Elle a des actes forts, et des prises de positions fortes. Elle se sent investie de quelque chose, et peut-être que c’est même trop fort”, assure-t-elle.

Naomi Osaka a précisé qu’elle souhaite ne plus fréquenter les courts pendant un moment. "Le moment venu, je veux vraiment travailler avec le circuit pour discuter des moyens d'améliorer les choses pour les joueurs, la presse et les fans", annonce-t-elle.

Guillaume Descours