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Algues vertes: "Sur la plage, elles dégagent de l'hydrogène sulfuré qui peut tuer en quelques minutes"

Après deux nouveaux décès suspects dans le Finistère, deux associations anti-algues vertes bretonnes réclament l'établissement d'un protocole médical spécifique dès lors qu'une personne est trouvée morte dans un lieu sensible aux échouages d'algues vertes.

En une semaine, deux personnes sont mortes de manière suspecte dans le Finistère. Samedi, c’est un ostréiculteur de 18 ans qui est décédé brutalement en baie de Morlaix et mardi, c'est un homme d'environ 70 ans qui est décédé en baie de Douarnenez, deux zones où sont présentes les algues vertes dont la décomposition peut engendrer le dégagement de sulfure d'hydrogène (H2S), gaz toxique, potentiellement mortel.

Des associations anti-algues vertes ont demandé qu’un protocole médical spécifique soit mis en place lorsqu’une personne est retrouvée morte dans un lieu sensible aux échouages d’algues vertes. Actuellement, six plages autour de Saint-Brieuc sont fermées à cause de la présence d’algues vertes. 

"Les algues vertes ne datent pas d’hier. La première marée verte observée officiellement date de 1971 et très vite les associations environnementales découvrent, dès les années 80, qu’elles sont dues à l’agriculture intensive", explique Inès Léraud, documentariste et journaliste d’investigation. 

"Il faut des tests systématiques"

Autre cause avancée par la journaliste, la forte présence d’animaux en Bretagne. Or, les déjections animales provoquent la prolifération d’algues vertes. 

Si les algues vertes "fraîches" ne sont pas du tout toxiques lorsqu’elles sont toujours accrochées aux rochers, une fois qu’elles s’échouent sur les plages, s’accumulent, se décomposent, elles dégagent un gaz très toxique mortel en seulement quelques minutes. 

Si le doute sur les décès est permis, c’est parce que rien n’est fait pour qu’il soit levé. "Quasi-toutes, les précautions pour la santé sont prises. Mais il faudrait, qu’il y ait des tests systématiques, comme pour les accidentés de la route, où l’on dose l’alcoolémie pour exclure ou pas cette piste. Pour les corps qui sont retrouvés sur les plages à des endroits où la présence d’algues vertes est constatée, il faut faire un dosage de cet hydrogène sulfuré pour savoir si cette piste est la bonne ou pas", explique Inès Léraud. 

La rédaction avec AFP