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"Ce sont des fils à papa qui viennent faire leur fête!": ces mamans de Stains exaspérées par des "rave party" chaque week-end

"RMC S'ENGAGE POUR VOUS" - Tous les matins avec "RMC s'engage pour vous" Marie Dupin vole au secours de nos auditeurs.

Elles sont à bout. Saliha, Chadia, Zhor, Jamila, Latifa et Dorice, des habitantes de Stains appellent à l'aide.

Ces habitants du quartier de la Cerisaie craquent: depuis des mois presque tous les week-ends elles entendent de la musique et de lourdes basses toute la nuit.

Des centaines de jeunes qui viennent faire la fête dans un entrepôt désaffecté, à quelques mètres des habitations.

"Depuis le début de l'été, on est envahi par ces rave party. Et quand on appelle la police, on a, à chaque fois, la même réponse: 'La fête est autorisée, donc on ne peut rien faire'. Il y a énormément de bruit, on ne peut pas s'entendre.
Et quand on ferme la fenêtre, ce sont des vibrations. Ca fait 'boom boom boom', à tel point qu'on a l'impression que c'est dans la tête. Ce n'est pas possible, c'est intolérable" dénonce Saliha sur RMC.

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"Ce serait les jeunes de notre quartier, on aurait déjà des cars de CRS"

Depuis quelques semaines, ces mamans ont créé un collectif pour dire "Stop aux Rave Party". Elles ont même tenté de déposer une main courante au commissariat, mais personne n'a voulu les entendre. Bref, rien ne se passe. 

"Ils osent nous dire que le nombre de décibels est respectée? Mais ils ont mesuré avec quoi?! s'insurge Chadia. C'est de la musique techno toute la nuit, jusqu'au lever du jour, vers 7h. Pourquoi ça ne se passe pas à Neuilly? Pourquoi ça ne se passe pas en plein coeur de Paris? Bien sûr, ça se passe à Stains!
Ce serait les jeunes de notre quartier, on aurait déjà des cars de CRS. Mais, là, ce sont des fils à papa, des bobos de Paris qui viennent faire leur fête. On est des habitants de seconde zone, on nous respecte pas! On est à bout" s'agace cette maman.

"J'en ai assez!" Même le maire de Stains, Azzédine Taïbi, ne comprend pas pourquoi la préfecture ne fait rien. 

"C'est insupportable, je vis dans cette ville et je vis aussi ces nuisances. Il y a des choses à éclaircir: je ne comprends pas qu'au commissariat, on est pas pu prendre en compte leur plainte. Je pense qu'il y a un gros souci de mépris face à cette situation. Le préfet peut agir très vite pour mettre fin à ce type de soirées qui empoissonne le quotidien des habitants" dénonce-t-il. 

Que dit la loi? 

Toute la question est de savoir si ce sont des "rave party" ou pas. Car, pour une rave, il faut une autorisation du préfet, selon l'article 211-5 du Code de la Sécurité intérieure. Il s'agit alors d'un "rassemblement exclusivement festif à caractère musical en des lieux qui ne sont pas au préalable aménagés à cette fin avec diffusion de musique amplifiée".

La préfecture que nous avons contactée affirme de son côté qu’il ne s’agit pas de rave party mais de "fêtes privées". 

Voici l'adresse mail de "RMC s'engage pour vous": 
rmcpourvous@rmc.fr.

Marie Dupin et Anne-Lyvia Tollinchi avec Guillaume Descours