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Crash de l'A320: les premiers témoins racontent

Un Airbus A320, avec 150 personnes à bord, d'une filiale low cost de la compagnie allemande Lufthansa, s'est écrasé mardi dans une zone très difficile d'accès du sud des Alpes. RMC a pu rencontrer les habitants des villages alentours qui ont permis aux gendarmes d'accéder au site. Témoignages.

Un Airbus A320 de la compagnie allemande low-cost Germanwings s'est écrasé mardi dans les Alpes françaises, causant la mort des 150 personnes qui se trouvaient à bord, selon les autorités françaises. On ignore pour le moment la cause de la catastrophe. L'avion, qui effectuait la liaison entre Barcelone et Düsseldorf, s'est désagrégé dans les montagnes près de Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence), à environ 2.000 mètres d'altitude, dans une zone en pente très abrupte et difficile d'accès, où les hélicoptères ne peuvent se poser. En effet la vallée de la Blanche est loin de toute habitation et même de toute route d'accès.

C'est pourquoi, solidaires, très rapidement, les habitants des villages alentours se sont mobilisés pour aiguiller les gendarmes dans leurs recherches. C'est le cas de Jean-Marie Michel, conseiller municipal au Vernet, qui raconte sur RMC: "Je suis allé en 4X4 au bout d'une piste pour accompagner les premiers gendarmes qui sont montés. Il ne reste pas de gros morceaux, les plus gros font au maximum 1m². Imaginez un peu la frappe qu'il y a dû y avoir…"

"L'avion ne piquait pas vraiment"

Et d'avancer une explication pour que les débris soient aussi nombreux et petits: "L'endroit où l'avion a tapé ce n'est pas vraiment du rocher et c'est presque aussi abrupt qu'une falaise… Et le nez de l'appareil est venu taper de plein fouet". Sur RMC, Jean-Paul, qui habite dans le village de Blégier, explique avoir vu passer l'avion au-dessus de lui, quelques minutes avant le crash.

"J'étais en train de bricoler quand j'ai vu l'avion passé. Je me suis dit qu'il était un peu bas. Mais il ne piquait pas vraiment. Il était peut-être en descente mais ça ne m'a pas interpellé… Après j'ai appris qu'un avion était tombé et j'ai pensé de suite à ça…". François Balique, maire de la commune du Vernet et l'un des premiers à être allé sur place, donne plus de précisions sur ce crash.

"Ce n'est pas beau à voir"

Tout d'abord, il souligne que "ce n'est pas le premier accident d'avion qui se produit sur la commune. On a eu des accidents de planeurs et même d'avions de chasse parce qu'ici c'est très escarpé". Mais "un accident de cette ampleur, c'est la première fois. C'est affreux, c'est vraiment de la malchance". Il ajoute ensuite que "les victimes et les débris s'étalent sur près de deux hectares. Le crash s'est produit à 1400-1500 mètres d'altitude, dans un lieu quasi-inaccessible, dans un lieu fréquenté seulement par les bergers et les chasseurs".

Dans Bourdin Direct, Richard Bertrand, lui aussi conseiller municipal du Vernet, témoigne: "J'ai vu de la fumée assez loin à vol d'oiseau mais dès que j'ai aperçu l'hélicoptère j'ai compris qu'il y avait quelque chose. Je connais bien l'emplacement donc j'ai proposé mes services aux gendarmes." Une fois sur place, il fait lui aussi le même constat, terrible: "Il n'y a que des débris en petits morceaux. Il n'y a plus rien du tout. Après je ne suis pas allé voir de trop près, ce n'est pas la peine. Mais c'est vrai que ce n'est pas beau à voir… Ça a explosé…" Fataliste, il ajoute: "Qu'est-ce vous voulez y faire? Il n'y a pas grand-chose à dire malheureusement".

M.Ricard avec P.Rigo et C.Checcaglini