RMC

Désert médical à Laval (Mayenne): "Je suis resté plus de six mois sans médecin"

A Laval, on manque de médecins (illustration)

A Laval, on manque de médecins (illustration) - AFP

REPORTAGE - D'après un sondage Elabe pour RMC publié ce lundi, 80% des Français sont favorables à ce que l'on adopte des mesures contraignantes pour que les médecins s'installent dans les déserts médicaux. Des déserts médicaux qui peuvent avoir des conséquences dramatiques comme à Laval (Mayenne), où plus de 7.000 patients sont aujourd'hui sans médecin traitant.

Henri, 85 ans, habite Laval (Mayenne) et souffre de graves problèmes cardiaques. Il vient tout juste de retrouver un médecin traitant après des mois de galère. "Je suis resté plus de six mois sans médecin", déplore-t-il à RMC. Et pendant tout ce temps, cet octogénaire reconnaît avoir eu de la chance pour continuer à se soigner correctement: "J'avais des ordonnances très longues, de six mois, donc ça allait. Autrement j'étais foutu…"

La raison d'un tel désert médical à Laval, ville de plus de 50.000 habitants? Une dizaine de praticiens sont partis à la retraite l'année dernière mais seulement un seul a été remplacé. Résultat, les médecins encore présents sont surbookés. C'est le cas pour le docteur Annick Gomé, à tel point qu'elle est obligée de refuser certains patients. Pour autant, elle considère que les médecins doivent rester libre de s'installer où ils le souhaitent.

"Répartir à peu près équitablement les professionnels de santé"

"Il y a aussi la vie privée. Imposer à un jeune de se séparer de son conjoint pour venir travailler, je ne suis pas d'accord, justifie-t-elle. Et je suis même sûre que ça ne fonctionnera pas. Je suis sûre que les jeunes iront travailler à l'hôpital et ne viendront plus s'installer en libéral. Il n'y aura donc plus de médecins généralistes ni de médecins libéraux".

Pour le sénateur-maire de Laval, François Zocchetto (UDI), il est impossible de faire face à une telle pénurie de médecins sans un minimum de contraintes: "Il faut une carte par région qui permette de répartir à peu près équitablement les professionnels de santé". Il préconise aussi la création de maisons de santé collectives, plus attractives pour les jeunes médecins qui préfèrent désormais travailler en groupe.

M.R avec Marie Monier