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Echange houleux avec des policiers à Jérusalem: Macron marche-t-il dans les pas de Chirac?

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La scène a eu lieu à l'entrée de l'église Sainte-Anne de Jérusalem, territoire français de la ville israélienne.

C'est une citation culte de Jacques Chirac. Et si Emmanuel Macron s'en était inspiré? 

"Je n'aime pas ce que vous avez fait devant moi", a crié mercredi le président français Emmanuel Macron à un policier israélien à Jérusalem, rappelant une scène impliquant Jacques Chirac près d'un quart de siècle plus tôt dans les mêmes lieux.

Le président n'avait pas prévu de se rendre dans la Vieille ville hormis à la basilique Sainte-Anne, territoire français à Jérusalem où un accrochage avait déjà eu lieu entre des membres du groupe de sécurité français et un agent des forces de sécurité israéliennes ayant voulu entrer dans l'église.

Alors qu'il s'apprête à rentrer dans Sainte-Anne, Emmanuel Macron a une discussion ferme avec une personne qui semble être un responsable du service de sécurité israélien, visiblement pour leur signifier qu'ils ne doivent pas rentrer dans l'édifice.

"La sécurité française est assurée à l'intérieur (...) ça a toujours été comme ça sous le contrôle de notre consul général", lance-t-il, selon des images du Figaro, avant de conclure sèchement : "Ne faites pas de choses qui sont de la provocation, je suis président de la République française, c'est moi qui sait".

Quelques secondes plus tard, une bousculade intervient alors que les deux services de sécurité tentent de rentrer en même temps que lui. "Tout le monde sort", lance Emmanuel Macron, avant de hausser le ton en anglais, devant un policier israélien : "I don't like what you did in front of me" (Je n'aime pas ce que vous avez fait devant moi"). Une altercation verbale qui rappelle celle en 1996 de l'ancien président Jacques Chirac dans le même quartier.

La basilique Sainte-Anne, construite par les Croisés au XIIe siècle et offerte par l'Empire ottoman à la France en 1856, est l'un des quatre territoires français de Jérusalem.

C'est dans ce quartier de Jérusalem-Est que l'ancien président français Jacques Chirac s'était emporté en 1996 contre des soldats israéliens qui l'encadraient de trop près en lançant son désormais célèbre "Do you want me to go back to my plane?" (Voulez-vous que je remonte à bord de mon avion?), avant d'exiger que les militaires sortent du domaine de Sainte-Anne. 

Mercredi, quelques heures avant l'arrivée d'Emmanuel Macron sur place, un accrochage avait eu lieu entre des membres du groupe chargé de sa sécurité et un membre des forces de sécurité israéliennes ayant voulu entrer dans la basilique, selon des journalistes sur place.

"Grotesque", "pathétique": l'altercation verbale entre Emmanuel Macron et des policiers israéliens à Jérusalem, 24 ans après une scène similaire impliquant Jacques Chirac, suscite ironie et critiques dans les rangs de l'opposition.

Le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez a assuré jeudi que "ce n'était absolument pas surjoué".

"Le président de la République assistait à une altercation entre les services de sécurité français et israéliens, il a rappelé les règles, (...) il a rappelé aux services de sécurité israéliens qu'il y avait aussi des services de sécurité français, qu'il faut travailler en bonne entente", a-t-il développé sur RMC.
La rédaction avec AFP