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66 millions d'euros pour Carlos Tavares: "Indécent et révoltant" selon le délégué CGT de PSA

Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central CGT PSA et qui a été porte-parole de Nathalie Arthaud pour la présidentielle, est revenu ce mercredi sur RMC sur les révélations sur les revenus du patron de Stellantis Carlos Tavares pour 2021.

La rémunération des grands patrons de nouveau sur le devant de la scène médiatique. Stellantis, le constructeur automobile issu de la fusion entre PSA (Peugeot et Citroën) et Fiat-Chrysler début 2021, tient son assemblée annuelle des actionnaires ce mercredi après-midi. La société de gestion Phitrust, actionnaire minoritaire, conteste le niveau de rémunération prévu pour le directeur général du groupe, le Portugais Carlos Tavares, qui monterait à près de 66 millions d’euros.

"C'est 180.000 euros par jour, samedi et dimanche compris"

Denis Branche, à la tête de Phitrust, qui dénonce une rémunération "choquante", a sorti sa calculette: à un montant fixe de 2 millions d’euros annuels (en hausse de +17,6% en un an) s’ajoute une rémunération variable, s’élevant à plus de 7,5 millions d’euros. A cela s’ajoute un plan d’actions gratuites d’une valeur de 32 millions d’euros, censé récompenser la réussite la fusion ayant abouti à créer le groupe Stellantis. Enfin, un dernier volet de rémunération de long terme, payable en numéraire, ajoute une enveloppe de 25 millions d’euros. En additionnant le tout, on arrive à une somme de plus de 66 millions d’euros pour Tavares pour l’année 2021.

Des chiffres qui font s'étrangler Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT PSA: "C'est une rémunération qui est indécente et révoltante. C'est 180.000 euros par jour, samedi et dimanche compris. Là c'est indécent et révoltant. Nous les salariés on a eu 2.8% d'augmentation: pour un salarié qui touche 1.500 euros, ça fait 40 euros par mois. Comment on fait pour faire face à l'augmentation des prix, notamment du carburant?"

"Les petits actionnaires doivent rejoindre le camp des salariés"

Jean-Pierre Mercier appelle ainsi les travailleurs, mais aussi les petits actionnaires, à s'opposer à cette rémunération.

"Ce sont les travailleurs qui fabriquent toutes ces richesses et ces bénéfices. Des bénéfices qui ont explosé. (...) Les petits actionnaires doivent rejoindre le camp des salariés. Dans toutes les grandes entreprises, ce sont les gros actionnaires qui ramassent tout. Les bénéfices ont été fabriqués avec une poursuite du blocage des salaires et des suppressions d'emploi. Et Stellantis s'apprête à supprimer 2.600 emplois sur les deux ans à venir, comment c'est possible?"

J.A.