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Grève dans les centrales nucléaires: "Il n'y a que le rapport de force qui fait bouger les choses"

La grève se poursuit dans les centrales nucléaires malgré le risque de coupures électriques cet hiver, rendant la situation très tendue.

12 centrales nucléaires sur 18 en France sont impactées par des mobilisations liées à des revendications salariales. Des premières réunions bilatérales autour des négociations salariales ont eu lieu mercredi entre les syndicats et la direction d'EDF. Les grévistes demandent une augmentation de 200 euros par mois alors que les accords de branche ont conduit à une augmentation de 80 euros, donc il reste 120 euros à obtenir.

Sur RMC ce mercredi, la présidente de la commission de régulation de l'énergie Emmanuelle Wargon tirait la sonnette d'alarme: si la grève dans les centrales nucléaires venait à durer, la France pourrait manquer d'électricité cet hiver.

"Malheureusement dans ce pays il faut agir directement sur tout ce qui est visible pour être entendu"

Mais sur les sites concernés, les ouvriers n'apprécient pas beaucoup d'être pointés du doigt, comme nous avons pu le constater à la centrale du Bugey, dans l'Ain.

Franck, délégué CGT à la centrale du Bugey, estime que c'est un mouvement de justice sociale. "Je suis bientôt à la retraite, j'ai fait toute ma carrière à EDF et je touche 2.200 euros par mois. Les actionnaires touchent de plus en plus et les salariés n'ont rien, donc à un moment ça pète. C'est une justice sociale", juge-t-il.

D’après son collègue Christophe, cette demande de justice sociale n’est désormais entendue que grâce à des actions marquantes.

"Malheureusement dans ce pays, il faut agir directement sur tout ce qui est visible pour être entendu. Il n'y a que le rapport de force qui fait bouger les choses", note-t-il.

Accusés par les autorités publiques d’aggraver la crise de l’énergie, les grévistes réfutent. Pour Pierre, syndicaliste CGT, la faute repose d’abord sur le gouvernement.

"Avec les grèves, on aura plus de risques de coupures, mais il y en aurait sans doute eu (sans ça). Cela fait des années qu'on alerte sur le réseau électrique, toutes ces centrales fermées par des décisions politiques nous coûtent aujourd'hui", pointe-t-il.

"La volonté est d'aller très vite car le pays est sous tension"

Julien Lambert, secrétaire fédéral de la branche énergie de la CGT et invité de RMC ce jeudi matin, assure qu'il a "conscience" du risque que les grévistes prennent.

"Les discussions ont commencé il y a neuf mois au niveau de la branche. Les employeurs n'ont pas voulu entendre les revendications salariales et là, le mouvement s'est amplifié pour la partie nucléaire, ce qui oblige l'entreprise à rouvrir très rapidement des négociations. La volonté est d'aller très vite car le pays est sous tension avec la question de la souveraineté énergétique."

Les revendications ont été posées. Julien Lambert assure maintenant que "les cartes sont dans les mains de la direction".

J.A. avec Vincent Chevalier