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Coupures d'électricité sauvages: une centaine de plaintes déposée, une cinquantaine de militants CGT auditionnés

INFORMATION RMC - Après de nombreuses coupures d'électricité intervenues depuis le début du mouvement de contestation, une centaine de plaintes a été déposée par RTE et Enedis.

Mardi, la centrale de Grand'Maison en Isère, l'usine hydro-électrique la plus puissante de France, a été mise à l'arrêt par les grévistes CGT du site. La CGT Energie revendique aussi une importante coupure de courant mardi matin sur la zone d'Orly et de Rungis, pour "cibler l'économie et montrer la mobilisation contre la réforme des retraites".

Pas du goût d'Edouard Philippe qui a demandé ce mardi, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, que les blocages, intrusions et coupures sauvages de courant soient sanctionnés.

Une centaine de plaintes a déjà été déposée partout en France par RTE, qui transporte l'électricité et par Enedis qui la distribue. Des plaintes systématiques pour intrusion et manoeuvres non autorisées sur le réseau électrique. C'est maintenant à la justice de mener l'enquête pour identifier les auteurs, grâce à la vidéo surveillance notamment, même si ces auteurs agissent souvent cagoulés.

Deux hommes interpellés à Orléans

Selon nos informations, une cinquantaine de militants CGT ont déjà été auditionnés, et deux hommes interpellés alors qu'ils tentaient de couper le courant à Orléans seront jugés fin février.

Des actes qui peuvent aller de 1500 euros d'amende à deux ans d'emprisonnement et 30000 euros d'amende en cas de dommage important sur le réseau. RTE et ENEDIS peuvent aussi prendre des sanctions disciplinaires allant jusqu'au licenciement contre des salariés qui seraient clairement identifiés.

Quelles sanctions?

Que risquent ces militants qui coupent le courant? Dans les faits, ils s’exposent à deux types de sanctions: disciplinaires et judiciaires. 

La justice peut s’appuyer sur un article du code de l’Energie qui prévoit une amende de 1.500€ pour intrusion ou manœuvre sur le réseau électrique. Les sanctions sont encore plus lourdes si les auteurs de ces coupures sont accusés de dégradation. Un délit pour lequel le code pénal prévoit jusqu’à deux ans de prison et 30.000€ d’amende.

Problème: il faut avant tout que la Justice parvienne à identifier les auteurs qui agissent souvent avec le visage cagoulé. A ce jour, on sait que deux hommes seront jugés fin février pour avoir tenté de coupé le courant à Orléans.

Quant aux sanctions disciplinaires, au sein de RTE qui gère le réseau et a déjà déposé une centaine de plaintes, cela va jusqu’au licenciement en cas de "faute grave". 

Enfin, un syndicat peut aussi être condamné s'il revendique une action. C’est arrivé une fois dans le passé, à la CGt, pour des coupures sauvages lors d’une grève en 1998.

Aurélia Manoli