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Fermeture de l'usine Whirlpool d'Amiens: "on est remerciés comme des chiens"

REACTIONS - Le numéro deux mondial du gros électroménager Whirlpool a annoncé mardi la fermeture en juin 2018 de son usine d'Amiens, comptant 290 salariés, une mauvaise nouvelle pour l'emploi dans une région déjà marquée par le retrait de Goodyear et Continental.. \t\n

Après Goodyear (1.143 salariés), et Continental (683 salariés), voici venu le dossier Whirlpool à Amiens. Ce mardi, en effet le numéro deux mondial du gros électroménager a annoncé la fermeture de son site en juin 2018. Sur place, 290 salariés sont directement touchés, auxquels il faut ajouter les intérimaires (jusqu'à 250 en période de forte activité) et les sous-traitants. Le groupe américain a indiqué dans un communiqué son intention de délocaliser la production à Lodz, en Pologne, appelée à devenir "le point central" de sa nouvelle plateforme de production de sèche-linge pour la région Europe, Afrique et Moyen-Orient.

"Un jour noir pour nous"

Quelques heures après l'annonce de la direction, les syndicats se sont retrouvés sur le parking du site pour faire part de leur colère. "Ils ne sont même pas foutus de nous garder un site industriel", s'emporte cette salariée. "Une multinationale, qui brasse des milliards, n'est pas capable de garder 300 personnes," s'indigne un autre. "C'est un jour noir pour nous aujourd'hui… On avait une relation de confiance avec eux…", assure un autre.

Ce qui inquiète le plus Michel, 25 ans de services chez Whirlpool à l'utilisation des produits dangereux, c'est sa reconversion. "Cela va être dur, très dur parce que j'ai 50 ans. Trouver du travail sur le marché d'Amiens, ce n'est pas facile", s'alarme-t-il. Et de rappeler: "On a tout donné. On a sacrifié notre salaire puisque pendant cinq ans, il n'y a eu aucune augmentation. Et maintenant, on est remerciés comme des chiens".

"Pas de nécessité de délocaliser"

Si les salariés s'attendaient à de mauvaises nouvelles, Cécile Delpirou, représentante de la CFE-CGC, accuse le coup, malgré tout: "L'usine fait son travail, et le fait bien, depuis des années. Il n'y avait donc pas de nécessité de délocaliser vers la Pologne. C'est aussi pour ça que la claque est dure à prendre parce qu'on a vraiment fait tout ce qu'on pouvait faire". Cette syndicaliste craint que, dans les semaines qui viennent, la direction propose des emplois en Pologne, là où l'entreprise délocalise.

"On peut toujours vouloir y aller mais c'est payé en monnaie locale et on ne pourra même pas revenir en France passer nos vacances, déplore-t-elle. Non, je ne vais pas aller bosser en Pologne". Pour Brigitte Fouré, la maire UDI d'Amiens, l'annonce de cette fermeture est "un drame". Et d'ajouter: "Le coût du personnel représente 10% du coût de fabrication d'un sèche-linge. C'est donc incompréhensible". En attendant, les élus de la région, ont rendez-vous jeudi avec Bernard Cazeneuve, qui promettait mardi un plan de développement économique pour Amiens.

M.R avec Thomas Chupin