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Grève des taxis: "Le bon chauffeur de VTC c'est celui qui reste chez lui aujourd'hui"

Les taxis sont en grève ce mardi

Les taxis sont en grève ce mardi - AFP

TEMOIGNAGES - Des milliers de chauffeurs de taxi sont appelés à se mobiliser ce mardi dans toute la France pour protester contre les "dérives" du secteur des voitures de transport avec chauffeur (VTC).

Des centaines de chauffeurs de taxis sont mobilisés depuis tôt ce mardi matin pour protester contre "les dérives" des véhicules de transport avec chauffeur (VTC). A Paris par exemple, avant 7H00, 300 taxis étaient stationnés porte Maillot, selon la préfecture. Ils occupaient la moitié du site, sans toutefois bloquer l'accès à la capitale. Les chauffeurs de taxis protestent contre la loi Thévenoud, votée en octobre 2014 et censée régir le marché des taxis et des VTC. Selon eux, cette loi est "inappliquée et inapplicable".

"On n'arrive pas à se faire entendre par le gouvernement et on ne sait pas quel est le moyen à adopter pour se faire entendre, s'emporte Karim, sur RMC. C'est critique". Mais alors que les précédents rassemblements avaient été émaillés de violences, les appels au calme se sont multipliés lundi à la veille de la mobilisation. Pas certain pour autant que cela ne déborde pas à entendre ce chauffeur de taxi parisien.

"Pas d'autre choix"

"Quand la colère nous envahit, on ne peut pas se contrôler donc on verra bien sur le terrain. Mais malheureusement ce sont les chauffeurs de VTC qui trinqueront. Il n'y a pas d'autre choix", estime-t-il avant d'ajouter: "Normalement, un bon chauffeur de VTC c'est celui qui reste à la maison aujourd'hui". Pour Karim, "il n'y a que deux solutions" pour résoudre ce conflit: "Soit, on nous rembourse nos licences, soit on supprime définitivement les VTC. Il n'y a pas d'autre choix".

Alors que les centrales de réservations parisiennes font état d'une baisse d'activité de 20% en un an, les chauffeurs de taxi mettent aussi en cause des pratiques illicites sur le terrain des VTC - géolocalisation avant la réservation, occupation de la voie publique, racolage et une utilisation détournée des véhicules LOTI (transport collectif de deux à 10 personnes).

"En état d'urgence"

"Tous les jours, des chauffeurs Uber se cachent. Il n'y a rien à faire, ils chargent quand même. Ils font notre travail, ils prennent nos clients, confirme Laetitia, chauffeur de taxi à Marseille. On en a marre. On veut que ça s'arrête et que le gouvernement bouge. Pourquoi il laisse faire des choses comme ça? Ce n'est pas normal."

"Nous comprenons la situation du pays aujourd'hui mais les taxis aussi sont en état d'urgence", ne décolère pas Nordine Dahmane, secrétaire général FO-UNCP Taxis. Et de répondre au préfet de Paris et à son appel à ne pas paralyser les routes: "Une manifestation sert à faire pression. Nous, depuis 2010, on n'arrête pas de manifester. On en a un peu ras-le-bol de sortir. On a autre chose à faire que de bloquer les usagers mais la responsabilité en incombe à l'Etat".