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Hausse des expulsions de familles prioritaires DALO: "L'Etat doit avoir honte !"

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- - FRANCOIS GUILLOT / AFP

TEMOIGNAGES - Depuis le 30 juillet, l'association Droit au Logement (DAL) a installé un grand campement place de la République à Paris pour plaider la cause des personnes expulsées de leur logement. Tous les jours près de 30 personnes dorment sur place. Parmi elles, Iram et ses trois enfants rencontrés par RMC.

Selon nos informations, depuis le début de l'année, le Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées a enregistré 120 signalements d'expulsion de familles prioritaires DALO (droit au logement opposable). Ainsi, en seulement sept mois, c'est déjà autant que pour toute l'année 2014. Pour mettre les politiques face à leurs responsabilités, le DAL a installé un grand campement place de la République à Paris depuis le 30 juillet avec en lettres géantes l'inscription "Un toit c'est un droit".

"On m'a expulsé le 7 juillet"

Une grande tente faite de bâches plastiques et de bouts de ficelle qui permet d'accueillir les expulsés de l'été mais aussi leur donner une visibilité. Une centaine de personnes viennent ici tous les jours et près de 30 dorment sur place le soir. Parmi eux, il y a Iram: "On m'a expulsé le 7 juillet, avec mes trois enfants de 10 ans et demi, 8 ans et 15 mois, confie-t-elle. Ils n'ont rien voulu savoir. Après 11 mois, ils ont réussi à me faire expulser de ce logement, ils l'ont récupéré".

Il s'agissait d'un logement social de la ville de Paris, vacant depuis un an, qu'elle avait investi sans autorisation, après des années d'attente. "J'ai fait ma première demande de logement social en 2006 à la mairie du XIXème arrondissement. Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai jamais eu de propositions", certifie-t-elle, désabusée" Une situation d'autant plus incompréhensible qu'Iram "travaille pour la ville de Paris en tant qu'animatrice".

"Nous sommes en train de galérer"

Dès lors, cette mère de famille, en colère, s'interroge: "Ils veulent quoi de plus? Qu'est-ce que je peux faire de plus pour qu'ils m'attribuent un logement social?". "L'Etat doit avoir honte ! Nous sommes des gens civilisés. On travaille et on veut juste un toit pour nos enfants ! Ils sont en train de jouer avec le futur de mes enfants", poursuit-elle. La seule solution proposée par la ville: une chambre d'hôtel située à plus de 50 kilomètres de Paris.

Impossible donc pour Iram de faire le trajet tous les jours avec ses trois jeunes enfants. "Le jour où l'on s'est fait expulser, j'ai tout jeté à la poubelle: les livres, les jouets dont on n'avait plus besoin… Beaucoup d'autres choses comme ça… On ne pouvait pas les garder, se souvient Arsalane, l'aîné des trois enfants. On est tristes car quand on voit nos amis, eux, ils ont des maisons alors que, nous, nous sommes en train de galérer". Arsalane doit entrer en classe de CM2 dans moins de trois semaines. C'est pourquoi, l'urgence pour la famille, comme pour toutes les autres, est de trouver un logement avant la rentrée scolaire.

Amélie Rosique avec Maxime Ricard