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Elle avait partagé des textes en arabe imitant le Coran sur Facebook: une Italo-marocaine condamnée à deux mois de prison avec sursis

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Facebook. - Crédit: Pixabay

Arrêtée mi-juin à l'aéroport de Rabat, l'étudiante "ignorait" qu'elle faisait l'objet d'un mandat d'arrêt.

La justice marocaine a réduit lundi en appel la peine d'une Italo-marocaine, condamnée fin juin à trois ans et demi de prison pour "atteinte à la religion musulmane", la condamnant à deux mois de prison avec sursis, a indiqué une ONG locale. 

La jeune femme de 23 ans a été condamnée par la Cour d'appel de Marrakech "à deux mois avec sursis, l'amende de 5.000 euros a été annulée, et elle devrait quitter la prison lundi dans la soirée", a rapporté à l'AFP Omar Arbib, un membre de l'Association marocaine des droits de l'Homme à Marrakech. 

Arrêtée mi-juin à l'aéroport de Rabat, l'étudiante "ignorait" qu'elle faisait l'objet d'un mandat d'arrêt émis après la publication en 2019 de phrases satiriques imitant des versets du Coran, selon le père de la jeune femme.

"Elle ne maîtrise pas la langue arabe"

Cette dernière avait partagé sur Facebook un texte en arabe imitant un extrait du Coran "sans en connaître l'objet, car elle ne maîtrise pas la langue arabe", avait-il affirmé. "On s'attendait à ce qu'elle soit innocentée, car elle a confirmé ignorer la signification du contenu publié et puis historiquement l'intertextualité a toujours existé dans la littérature, notamment arabe", a indiqué M. Arbib.

Les poursuites avaient été enclenchées après le dépôt d'une plainte par une association religieuse de Marrakech. L'article 267 du Code pénal marocain punit de six mois à deux ans de prison "quiconque portant atteinte à la religion musulmane". La peine est portée à cinq ans si l'infraction est commise en public "y compris par voie électronique". Le texte de loi punit également toute "atteinte au régime monarchique" et l'incitation "à porter atteinte à l'intégrité territoriale". 

Les défenseurs des droits humains dénoncent ce texte car, entre autres raisons, la formulation des articles de loi "ne spécifie pas concrètement les faits qui pourraient constituer une atteinte".

La rédaction de RMC avec AFP