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60 ans du traité de Rome: "aujourd'hui, l'Europe est surtout malade de ses Etats"

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- - Daniel Leal-Olivas / AFP

REACTIONS - Il y a 60 ans, jour pour jour, l'Allemagne, la France, l'Italie et les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) s'engageaient, avec le traité de Rome, à "établir les fondements d'une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens". Mais 60 ans après, l'heure n'est pas vraiment à la fête.

Il y a 60 ans, le traité de Rome était signé pour sceller la coopération économique entre six pays (France, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Italie et Pays-Bas). Il s'agit de l'acte fondateur de la construction de l'Europe et de la base de l'Union européenne qui arrivera plus tard en 1992. Mais aujourd'hui, l'avenir de l'Union européenne suscite bien des interrogations, notamment en raison du Brexit. Un anniversaire en demi-teinte qui vient plus des Etats que de l'Europe elle-même selon Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman.

"L'Europe est surtout malade de ses Etats, estime-t-il. Aujourd'hui, on a l'impression que tout le monde attend un peu dans son coin, paralysé par des discours un peu extrémistes, à gauche comme à droite. Les grands débats incantatoires du style 'Quelle Europe voulons-nous?', ça n'est pas le sujet qui intéresse les électeurs. Ce qu'ils veulent c'est qu'on règle leurs problèmes. Il y a une attente forte pour que l'Europe se tourne vers les grands défis du futur et s'adapte à la nouvelle donne internationale".

"Il est urgent de bâtir des coopérations concrètes"

Alors que les dirigeants de 27 États membres et des institutions de Bruxelles se sont retrouvés ce samedi à Rome, au Capitole, dans un palais de la Renaissance, là où fut signé le traité fondateur de l'Union le 25 mars 1957, Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la France, a rédigé un nouveau traité qu'il soumettrait à ses confrères européens s'il était élu président. "Chaque pays retrouvera sa démocratie, le contrôle de ses frontières, de son budget et de ses lois parce que c'est la vie démocratique", explique-t-il.

"En même temps, ensemble, les pays pourront travailler autour de projets concrets: la lutte contre le cancer, la lutte contre la maladie d'Alzheimer, la voiture propre, l'aide à l'Afrique…, poursuit-il. Des projets qui nécessitent de bâtir des coopérations concrètes. Et, je crois qu'il est urgent de le faire avant qu'il n'y ait une explosion complète de cette mauvaise Union européenne, qui a défiguré l'idéal européen".

M.R avec Mélanie Ferreira