RMC

Assassinats ciblés: "Arrivera-t-on à tuer 500 jihadistes français? Est-ce moralement justifié?"

Selon Vincent Nouzille, François Hollande a autorisé les assassinats ciblés de plus de quarante jihadistes depuis 2013. Invité de Bureau de vote ce jeudi sur RMC, l'auteur d'Erreurs fatales a expliqué en quoi ces méthodes posent question quant au respect du droit et de l'efficacité de la lutte anti-terrorisme.

Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, peut-on s'asseoir sur le droit? C'est la question posée ce jeudi dans Bureau de vote, sur RMC, après la parution du livre Erreur fatales (édition Fayard), dans lequel son auteur, Vincent Nouzille, assure que François Hollande a autorisé une quarantaine d'assassinats ciblés pendant son quinquennat. Des assassinats contre des jihadistes ou des personnalités pouvant représenter une menace pour la France.

Mais des assassinats qui posent question, estime Vincent Nouzille. "Je comprends que l'on puisse penser qu'il faille neutraliser l'ennemi quand on est en guerre. Ceci dit, il y a des logiques qui peuvent être contradictoires. Quand deux journalistes de RFI ont été tués à Kidal au Mali, il y a eu une enquête française pour savoir qui étaient les commanditaires et les assassins de ces journalistes. Or, les juges qui enquêtent apprennent un beau jour de 2014 que l'armée française a neutralisé (tué) plusieurs des auteurs présumés de ces enlèvements. Ils sont en colère, il n'y aura pas de procès".

"Est-ce moralement justifié?"

Pour Vincent Nouzille, ces opérations ont des limites, notamment concernant les jihadistes français présents en Irak ou en Syrie. "Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a actuellement des opérations menées par les Français sur ordre express du président Hollande pour neutraliser un certain nombre de ces jihadistes français (…) Mais il y en a 400 ou 500 sur place qui combattent aux côtés de l'État Islamique. Arrivera-t-on à tuer 500 jihadistes français? Est-ce moralement justifié? Est-ce efficace dans la lutte contre le terrorisme? On n'imagine pas un président de la République donnant l'ordre de tuer tous les jihadistes français qui vont rentrer chez nous".

P. Gril avec JJ. Bourdin