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Congrès du Parti communiste: la Chine devient-elle de plus en plus autoritaire?

Comme c'est le cas tous les cinq ans, le congrès du Parti communiste chinois s'est déroulé du 16 au 22 octobre 2022. Xi Jinping en a profité pour asseoir encore plus sa domination et pousser le culte de la personnalité. L'ancien président chinois, Hu Jintao, pourtant placé au centre de la table d'honneur, a même été expulsé.

En Chine, le week-end a été marqué par la fin du congrès du Parti communiste, qui a lieu tous les cinq ans. Outre la réélection de Xi Jinping à la tête du parti et la modification de certaines lois, c'est l'expulsion de l'ancien président qui a marqué cette rencontre.

C'est une image très forte: l'ancien président Hu Jintao expulsé sous les caméras. Il était pourtant placé au centre de la tribune d’honneur, juste à côté de son successeur. Soudain, le secrétaire particulier du président accompagné d’un fonctionnaire inconnu est venu demander à Hu Jintao de bien vouloir quitter les lieux.

Le vieil apparatchik a tenté de résister, assez longuement, il a cherché des soutiens du regard, puis il a dû sortir. Une question de santé, selon la presse officielle chinoise, mais qui s'apparente davantage à une humiliation et une purge en direct.

Symbole d'une période révolue

Le vieillard ne représente plus grand chose, mais il fait partie d’un petit club informel que l’on appelle les "anciens" et qui ne sont pas aux ordres de Xi Jinping, pour la simple raison que leur carrière est derrière eux. C'est donc une façon pour le président actuel d'asseoir encore un peu plus son pouvoir.

Hu Jintao est aussi symbole d'une période critiquée par Xi Jinping. C'est le moment où l'économie chinoise s'est ouverte au capitalisme et où il y a eu les premiers milliardaires. Une période largement dénoncée par Xi Jinping lors du discours d'ouverture du congrès, disant que ces idées (le culte de l'argent, la recherche du plaisir et la pagaille sur internet...) étaient erronées.

Toujours plus de pouvoir

Ce congrès était aussi l'occasion pour le président de pousser au maximum le culte de la personnalité. Il avait déjà modifié la constitution pour avoir le droit de faire plus de deux mandats. Il a d'ailleurs été réélu à la tête du parti lors de ce congrés. Depuis 2018, la pensée de Xi Jinping est inscrite dans la charte du parti communiste, au même titre que la pensée de Mao, donc elle est enseignée à l’école. 

Samedi, un pas a été franchi, les statuts du parti ont été modifiés pour obliger tous les membres à défendre les positions de Xi Jinping en particulier sur le rôle du Parti communiste. Il est ainsi interdit de critiquer le président chinois mais également obligatoire de le défendre. Il est ainsi acté que le parti dirige tout: le gouvernement, la société civile, l’est et l’ouest, le nord et le sud.

Xi Jinping envoyé en centre de rééducation

Il a d'ailleurs eu une histoire compliquée avec le parti communiste. Il était le fils d'un compagnon de Mao, il a connu une enfance privilégiée avant que son père ne tombe en disgrâce au moment où il avait 9 ans. Ce dernier a été arrêté, a dû faire son autocritique et son fils, Xi Jinping, alors enfant, avait dû témoigner contre son père.

Plus tard, lorsqu'il avait 15 ans, Xi Jinping lui-même a été accusé d'être un ennemi du peuple. Sa mère a dû témoigner contre lui et l'adolescent a été envoyé pendant six ans dans les rizières. Il a connu la faim et l'extrême pauvreté, dormait dans une grotte...

Lorsqu’il s’en est sorti, il a voulu adhérer au Parti communiste mais ses demandes ont été rejetées 11 fois, jusqu'à la 12e. Il a ensuite gravi tous les échelons jusqu'à devenir aujourd’hui le maître incontesté du pays le plus peuplé du monde. Et beaucoup le voient rester président à vie.

Nicolas Poincaré