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Xi Jinping obtient un troisième mandat à la tête de la Chine

Xi Jinping lors de la clôture du congrès du parti communiste chinois à Pékin, le 22 octobre 2022

Xi Jinping lors de la clôture du congrès du parti communiste chinois à Pékin, le 22 octobre 2022 - Noel CELIS / AFP

Le président chinois Xi Jinping a été reconduit dimanche à la tête du Parti communiste, puis de l'armée du pays. Après avoir balayé toute contestation, il devient le dirigeant chinois le plus puissant depuis Mao Tsé-toung, fondateur du régime.

Et de trois ! Xi Jinping a été désigné pour un troisième mandat de cinq ans comme secrétaire général du Parti communiste chinois, lors du comité central du PCC, où toute contestation a été balayée. Il devrait être officiellement confirmé à la présidence du pays en mars 2023.

En une décennie à la tête du pays, Xi Jinping a fait de la Chine la deuxième économie mondiale, dotée d'une des armées les plus puissantes au monde. Malgré une concentration presque totale des pouvoirs, il devra tout de même faire face à une économie en fort ralentissement, notamment en raison de sa politique "zéro Covid", une rivalité exacerbée avec les Etats-Unis et des critiques internationales sur les droits humains.

Un Comité central renouvelé

Le 20e congrès du parti s'est refermé samedi après une semaine de délibérations à huis clos, avec le renouvellement de 65% des membres du Comité central, sorte de parlement interne au parti. Au cours de leur première réunion dimanche matin, les 205 membres de ce parlement - dont 11 femmes seulement - ont désigné les 25 représentants du Bureau politique, l'instance de décision du PCC, ainsi que son Comité permanent. Cet organe tout-puissant détient la réalité du pouvoir en Chine.

Conformément à la coutume, les membres du Comité permanent sont annoncés par ordre d'importance, le numéro un étant le secrétaire général, Xi Jinping. A priori le numéro deux ou le numéro trois sera le prochain Premier ministre qui succèdera à Li Keqiang. Parmi les noms évoqués pour le remplacer: l'actuel vice-Premier ministre Hu Chunhua ou Li Qiang, chef du parti à Shanghai, en dépit d'une gestion chaotique du confinement au printemps.

Quatre des sept anciens membres du Comité permanent ont tiré leur révérence, selon la liste des "parlementaires" publiée par l'agence officielle Chine nouvelle à l'issue du congrès.Il s'agit de l'actuel Premier ministre Li Keqiang, du numéro trois chinois Li Zhanshu, du vice-Premier ministre Han Zheng. Nom plus étonnant de cette liste : Wang Yang, président de la Conférence consultative politique du peuple chinois, une assemblée sans pouvoir de décision et considéré comme l'une des voix les plus libérales du Parti. Il était l'un des favoris au poste de Premier ministre.

La mainmise de Xi Jinping

Dans tous les cas, la composition du nouveau Comité permanent, qui fait généralement l'objet en coulisses d'âpres négociations pendant le congrès, confirmera la mainmise de Xi Jinping sur la formation politique, selon des analystes. Pour Willy Lam, spécialiste du PCC à l'Université chinoise de Hong Kong, c'est "une victoire presque totale pour Xi Jinping" qui pourra placer une majorité de ses soutiens. "Il y aura une domination anormalement asymétrique d'une seule faction: celle de Xi Jinping."

Loin de son apparence homogène, le PCC est divisé en interne et plusieurs courants rivaux cohabitent, estiment des sinologues. Jusqu'à présent, des compromis existaient pour la répartition des postes dont Xi Jinping est un illustre exemple. A défaut de s'entendre sur leur candidat respectif, les différentes factions du PCC avaient finalement placé au pouvoir un candidat de consensus en 2012.

Mais Xi Jinping avait ensuite surpris tout le monde en éliminant ses rivaux pour concentrer peu à peu tous les pouvoirs à la tête du parti et de la Chine, tout en menant une répression sévère contre toute dissidence. Pour se maintenir au pouvoir, l'homme fort de Pékin a obtenu en 2018 d'amender la Constitution qui limitait ce poste à deux mandats et à une durée totale de 10 ans.

Chef du Parti, chef des armées, chef de l'Etat... le dirigeant a plaidé pour la continuité de ses politiques lors du discours d'ouverture du congrès. Le Parti communiste chinois a de son côté réaffirmé samedi le "rôle central" de Xi Jinping.

La rédaction avec AFP