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États-Unis: la Cour suprême révoque le droit à l'avortement

La Cour suprême des Etats-Unis à Washington le 11 janvier 2022

La Cour suprême des Etats-Unis à Washington le 11 janvier 2022 - Stefani Reynolds © 2019 AFP

La Cour suprême des États-Unis annonce révoquer le droit à l'avortement. Les États seront désormais libres de l'interdire ou non.

A l'instar de celle du 22 janvier 1973, la date du 24 juin 2022 va entrer dans les livres d'Histoire des États-Unis. Ce vendredi, la Cour suprême étatsunienne a annoncé révoquer le droit à l'avortement qui avait été déclaré constitutionnel en 1973 par l'arrêt Roe v. Wade.

Cette décision renvoie les 50 États américains dans la situation qui était celle il y a 49 ans. L'avortement n'est pas illégale sur l'intégralité du territoire américain, mais chaque État aura la liberté de pouvoir l'autoriser ou non.

"La Constitution ne fait aucune référence à l'avortement et aucun de ses articles ne protège implicitement ce droit", écrit le juge Samuel Alito au nom de la majorité. Roe v. Wade "était totalement infondé dès le début" et "doit être annulé".

"Il est temps de rendre la question de l'avortement aux représentants élus du peuple" dans les parlements locaux, écrit-il encore.

Des formulations proches de celles qui avaient fait l'objet de fuites inédites dans la presse américaine début mai, provoquant des manifestations importantes dans tout le pays.

Le droit à l'avortement en danger dans une moitié des États américains

Dans 13 États, surtout du Sud, une interdiction automatique avait été votée en cas de changement de jurisprudence à la Cour suprême comme c'est le cas ici, pénalisant les professionnels de santé. Dans d'autes États, il y aura un délais, jusqu'à trente jours avant une interdiction partielle ou totale de l'IVG. 22 autres États, sur la côte ouest ou dans le Nord-Est du pays, conserveront eux le droit à l'avortement et pourraient même l'élargir.

Moins de deux heures après l'annonce de la Cour suprême, le procureur général du Missouri a annoncé vendredi que cet Etat conservateur du centre des Etats-Unis devenait le "premier" à interdire les interruptions volontaires de grossesse dans la foulée de la décision de la Cour suprême, qui a révoqué le droit à l'avortement.

"C'est un jour monumental pour le caractère sacré de la vie", a déclaré Eric Schmitt dans un tweet accompagné d'une image le montrant en train de ratifier le texte qui met fin "véritablement" à l'avortement dans le Missouri - Etat qui ne disposait plus que d'une clinique permettant une telle opération.

Dans un tweet, l'ancien président américain Barack Obama accuse la Cour suprême d'"attaquer les libertés fondamentales de millions d'Américaines."

Côté Républicains, l'ancien vice-président de Donald Trump, Mike Pence, se félicite que le droit à l'avortement soit "jeté aux oubliettes de l'Histoire". De son côté, la principale organisation de planning familial aux États-Unis promet de continuer à "se battre".

"Vous ressentez sans doute beaucoup d'émotions - de la douleur, de la colère, de la confusion. C'est normal, nous sommes avec vous et nous n'arrêterons jamais de nous battre pour vous", a tweeté Planned Parenthood.

L'arrêt publié vendredi "est l'un des plus importants de l'Histoire de la Cour suprême depuis sa création en 1790", remarque le professeur de droit de la santé Lawrence Gostin.

"Il est déjà arrivé qu'elle change sa jurisprudence mais pour instaurer ou restaurer un droit, jamais pour le supprimer", a-t-il expliqué.
https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez avec AFP Journaliste RMC