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Guerre en Ukraine: la vie en ruine des rescapés de Marioupol

Dans une ville désormais aux mains des pro-russes, les habitants de Marioupol tentent de retrouver leur vie d'avant. Dans un paysage apocalyptique, ils cherchent de la nourriture et du travail.

Depuis le week-end dernier, la ville de Marioupol est aux mains des pro-russes. Les rues appartiennent désormais aux militaires russes et à leurs alliés séparatistes, qui les ont conquises au prix de la destruction d'une cité portuaire qui comptait plus d'un demi-million d'habitants avant la bataille. Trois mois plus tard, les combats ont laissé un paysage apocalyptique dans de nombreux quartiers et ont mis en fuite des centaines de milliers d'habitants. Sur place, il ne reste que très peu d’Ukrainiens. Ces habitants sont en quête de nourriture, de travail et tentent de retrouver leur vie d'avant dans une ville dévastée.

"Quand le foyer est brisé, la vie est brisée"

Au milieu des ruines, Angela, une ancienne puéricultrice de 52 ans, presse le pas devant une patrouille militaire russe. "Qu'est-ce que je peux espérer?", soupire-t-elle. Pour elle, reprendre une vie normale dans une ville dévastée par la guerre semble impossible pour elle. "Quand le foyer est brisé, la vie est brisée. Il n'y a ni travail, ni nourriture, ni eau. Avec les enfants, le petit-fils, on se partageait une cuillère. Les enfants meurent de faim dans les maternités...Quel avenir! Je n'espère plus rien", poursuit-elle, en larmes.

Elena, 55 ans, travaillait comme professeure à l'université. Son appartement a brûlé, elle vit désormais chez sa fille et son gendre. Sa vie d'avant lui manque terriblement. "Mon appartement est complètement détruit. Je voudrais le retrouver comme avant, vivre en temps de paix, aller au travail. Être avec mes enfants…”, confie-t-elle, très émue elle aussi.

Dès que les tirs cessent, les gens sortent de leurs caves, et tout le monde cherche un emploi.

Après trois mois de combat, les habitants de Marioupol qui sont restés dans leur ville doivent aussi retrouver du travail. Sergueï, 60 ans, était à deux mois de la retraite quand l'offensive russe a commencé. Il est désormais gardien dans un zoo. Mais il estime que les Ukrainiens se relèveront. "Le peuple ukrainien n'a jamais été paresseux. J'observe maintenant que dès que les tirs cessent, les gens sortent de leurs caves, et tout le monde cherche un emploi. Certains travaillent déjà." Les autorités pro-russes ont promis de faire de Marioupol une station balnéaire.

L'armée russe intensifie les bombardements au nord de Marioupol

Dimanche, l'armée russe a intensifié les bombardements sur la ville de Sievierodonetsk, situé à 300 km au nord de Marioupol et dernier grand bastion militaire ukrainien dans la région de Louhansk, à l'est du pays. Sievierodonetsk est devenue la cible prioritaire de Moscou dans le Donbass, avec la ville voisine de Lychtchanks. Elles permettraient aux Russes de revendiquer le contrôle total de la province.

Selon un point presse de l'armée ukrainienne, au moins sept civils ont été tués et huit blessés dans des bombardements dans la région de Donetsk, où 45 localités ont été touchées.

Par ailleurs, le négociateur russe Vladimir Medinsky a affirmé dimanche que la Russie était prête à reprendre des pourparlers de paix avec l'Ukraine, assurant que leurs suspensions incombaient à Kiev.

Romain Poisot