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Guerre en Ukraine: qui est Valéri Guérassimov, le chef d'état-major de l'armée russe

Chef d'état-major de l'armée russe, Valéri Guérassimov est l'un des trois hommes dont l'accord est nécessaire pour déclencher une attaque nucléaire russe.

C’est l’un des poids lourds de la Russie. Le chef d’état-major de l’armée russe, Valéri Guérassimov, c’est cet homme au visage dur et fermé que l’on voit régulièrement avec sa veste couverte de galons, tout au bout de la longue table autour de laquelle Vladimir Poutine convoque ses plus proches collaborateurs. Et on le voit à chaque fois acquiescer d’un hochement de tête aux exigences toujours plus destructrices du président russe.

Certains observateurs ont tout de même cru discerner chez lui un regard un peu dubitatif, quand il a été question de mettre en alerte les forces de dissuasion nucléaire. Peut-être. En tout ça, jusqu’à présent, Guérassimov n’a jamais reculé devant la perspective d’un conflit. Au contraire, depuis dix ans qu’il est à ce poste, c’est lui qui a été à la manœuvre en Syrie ou dans le Donbass, après avoir exercé en Tchétchénie, lui qui n’a, de toute sa vie, connu que l’ordre militaire.

Il n’a fréquenté que des établissements militaires, depuis l’école jusqu’au lycée, pour passer de sa condition modeste d’enfant du Tatarstan à cette position ô combien influente, puisqu’il commande aujourd’hui, à 66 ans, les quelque 800.000 hommes des forces armées.

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L'inventeur de la guerre hybride?

Son influence dépasse même le champ de bataille. C'est ce que certains appellent “la doctrine Guérassimov”. C’est même un terme devenu terme un peu mythique ces dernières années. Il était présenté comme un théoricien, comme l’inventeur de la guerre hybride, c’est-à-dire une guerre qui associe une action militaire, mais aussi d'autres formes d’actions, la désinformation, les cyberattaques, la manipulation d’une rébellion intérieure ou la prédation économique, par exemple.

Aujourd’hui, ce mythe est contesté, Guérassimov n'aurait fait que compiler dans un texte une méthode qui était déjà pratiquée par les Américains. Quoi qu’il en soit, il pratique lui aussi la guerre hybride, qui permet de limiter la guerre ouverte. Ce qui donne d’ailleurs un relatif motif d’espoir, selon certains experts. On peut penser qu'effectivement, le chef d’état-major de l’armée russe n’est pas tenté par l’option nucléaire. Car cette option ne serait pas compatible avec sa doctrine. Et il se trouve que Valéri Guérrassimov est avec Vladimir Poutine et son ministre de la Défense l’un des trois hommes dont l’accord est nécessaire pour déclencher le feu nucléaire.

Rémi Bostmarron