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"Il ne raisonne qu’en termes d’humiliation ou de domination": François Hollande explique comment agir face à Vladimir Poutine

L'ancien président de la République, François Hollande, a répondu aux questions de Philippe Corbé ce mardi sur RMC\/BFMTV. Il a notamment fait l'analyse de la situation entre l'Ukraine et la Russie, qui ne lui est pas étrangère puisqu'il avait dû en 2014 gérer l'annexion de la Crimée.

François Hollande, ancien président de la République, était face à Philippe Corbé ce mardi matin sur RMC et BFMTV. Il est revenu sur la situation en Ukraine, estimant que la guerre pouvait encore être évitée. Il a cependant appelé les pays occidentaux et notamment la France à la plus grande fermeté vis-à-vis de la Russie et de son président Vladimir Poutine.

La guerre a-t-elle commencé entre l'Ukraine et la Russie?

"La guerre peut être évitée. Ce n’est pas encore la guerre, sinon ça se verrait sur un champ de bataille avec des troupes en mouvement et des victimes, souvent des civils. Là, il y a un acte extrêmement grave qui a été posé par Vladimir Poutine. D’une certaine manière, c’est un acte de force, puisque sans qu’il n'ait eu besoin d’utiliser les armes, simplement avec la pression de la guerre, il a décidé unilatéralement de reconnaître des républiques qui n’en sont pas."

"Vladimir Poutine a des objectifs. Il ne fait pas les choses au hasard. Ce qu’il vient de faire après une longue période, un long processus de menaces, de pressions, de fausses négociations, c’est d’engranger l’Est de l’Ukraine. Si on regarde les choses crûment, l’Est de l’Ukraine est aujourd’hui possession russe."

Vladimir Poutine est-il devenu "paranoïaque", comme l'affirme l'Elysée?

"Si on veut comprendre Vladimir Poutine, il faut se dire que c’est le président de la Russie qui veut, après l’humiliation de la chute de l’empire soviétique, retrouver l’empire. Pour ça, il ne faut non pas qu’il puisse conquérir des territoires, même s’il y procède, on l’a vu avec la Crimée et on le voit aujourd’hui avec l’est de l’Ukraine, mais il faut qu’il puisse avoir un glacis qui autour de la Russie, ressemble à ce qu’était l’Union soviétique. Et il continuera parce que c’est son objectif ultime. À partir de là, il faut que les Européens, les Occidentaux, et les Etats-Unis, comprennent bien ce que veut Vladimir Poutine et introduisent un rapport de force qui l’empêche d’aller plus loin."

Quelles sanctions faut-il prendre contre la Russie?

"En 2014, quand il y a eu l'annexion de la Crimée et donc la guerre en Ukraine, nous avions exclu la Russie de ce qu’on appelait le G8. Ce qui avait été pour Vladimir Poutine une vraie sanction, une vraie humiliation. Car il ne raisonne qu’en termes d’humiliation ou de domination. À partir de là, il avait été conscient qu’il devait trouver une phase de négociations, d’où le succès de la formule Normandie, c’est-à-dire l’obligation de se mettre ensemble et de négocier. Il faut être dur à l’égard de Vladimir Poutine. Ça ne veut pas dire refuser le dialogue, j’ai moi-même dialogué pendant des heures et des heures avec lui. Mais il faut être dur et ne jamais penser qu’on va le séduire, ne jamais penser que la diplomatie avec des arguments logiques, des arguments de raison, va l’emporter. Il ne comprend que le rapport de force."

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Guillaume Descours