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Jihadistes français: "Les familles des victimes du terrorisme ont légitimement le droit à un procès"

La question fait débat depuis plusieurs mois: quel sort sera réservé aux Français de l'Etat islamique arrêtés en Syrie et en Irak? Pour Samia Maktouf, avocate de victimes de terrorisme en France, il est important qu'ils soient jugés en France.

Qui jugera les Français partis rejoindre l'Etat islamique en Syrie ou en Irak? La question fait débat, alors que le gouvernement français plaide pour "un cas par cas". Mais pour Samia Maktouf, il est essentiel que le procès de la quarantaine d'adultes français détenus par les Kurdes aient lieu en France: "Ces personnes sont françaises. Et les familles de victimes qui ont été touchées dans leur chair ont légitimement le droit à un procès. Ces terroristes qui ont touché ces familles dans ce qu'elles avaient de plus cher pourraient frapper ailleurs".

"Les jihadistes pourraient faire l'objet de transactions"

L'avocate estime que le système judiciaire kurde est fragile: "Aujourd'hui, ils sont détenus par un état non reconnu, ils pourraient faire l'objet d'une transaction, ça a été fait lors de la prise de Mossoul et de Raqqa. Je comprends le malaise qui pourrait être partagé par l'opinion publique mais je ne cherche pas le confort de ces terroristes, je veux qu'ils soient jugés et écroués. La France est un grand pays, elle est en état de les juger. Nous avons jugé des grands terroristes, on continuera à le faire".

Par ailleurs, selon nos informations, la loi antiterroriste rédigée par les Kurdes ne permettra pas de poursuivre les femmes étrangères ayant rejoint leur mari combattant de l'Etat islamique, contrairement à la loi française qui reconnaît le délit d'"association de malfaiteurs". "Ces femmes vont être relaxées ou condamnées très faiblement. Pour la France, ça signifie qu'on va devoir les recueillir parce qu'elles sont françaises. C'est pour cela qu'il est important de résoudre le problème tout de suite", a aussi préconisé l'avocate.

P.B.