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Le Brexit vu d'Ecosse: "C'est le coup de grâce qui va nous séparer"

Un joueur de cornemuse écossais joue pour les touristes en face de Big Ben et du Parlement dans le centre de Londres, le 26 juin 2016.

Un joueur de cornemuse écossais joue pour les touristes en face de Big Ben et du Parlement dans le centre de Londres, le 26 juin 2016. - Odd ANDERSEN - AFP

Alors que le Royaume-Uni a voté, jeudi dernier, la sortie de l'Union européenne, l'Ecosse, elle, n'entend pas couper les ponts avec le reste de l'Europe.

La position de l'Ecosse vis-à-vis de l'Union européenne s'affermit de jour en jour. Alors que la majorité des Ecossais ont voté jeudi dernier pour rester dans l'UE lors du référendum sur le Brexit, un sondage publié ce dimanche pour le Sunday Times révèle que 52% des Ecossais sont favorables à l'indépendance de l'Ecosse.

Si l'indépendance, rejetée une première fois lors d'un référendum en 2014, est la seule solution pour assurer l'appartenance à l'UE, l'Ecosse semble prête à franchir le pas.

Processus législatif en cours

La Première ministre Nicola Sturgeon, également à la tête du SNP le parti national écossais, qui a répété une nouvelle fois hier son intention de ne pas couper les ponts avec l'Europe, a annoncé qu'elle présenterait dans les prochains jours au Parlement local une législation permettant d'organiser un nouveau vote sur l'indépendance.

"Depuis le référendum écossais, il y a une grosse fracture entre nous et le reste du Royaume-Uni. Je crois que le Brexit, c'est le coup de grâce qui va nous séparer. Nos votes sont si différents, on n'a plus le choix. Le navire britannique est en train de couler très vite, il est temps qu'on s'en aille", estime Paul, un Ecossais d'Edimbourg.

Autre scénario évoqué par la Première ministre: le blocage de la sortie du Royaume-Uni de l'UE par le Parlement écossais. Interrogée par la BBC, Nicola Sturgeon a expliqué qu'"il est difficilement imaginable" que Londres puisse prendre une décision de cette nature sans que les élus des composantes semi-autonomes du pays se prononcent. Un scénario qui reste pour l'heure très hypothétique, la Première ministre ne paraissant pas très sûre du cadre constitutionnel. Selon Adam Tonkins, un député écossais conservateur, le Parlement écossais "peut donner ou ne pas donner son consentement, mais ne pas donner son consentement n'est pas bloquer". 

Il y a deux ans, une majorité d'Ecossais avait dit non à l'indépendance, mais la tendance pourrait bien s'inverser en particulier chez les jeunes. Reste à savoir si techniquement et légalement une nouvelle consultation est possible. Le gouvernement écossais entend en tout cas organiser ce référendum dans les deux ans à venir avant que le Royaume-Uni ne sorte officiellement de l'UE.

A.C. avec Amélie Rosique