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Macron veut un "rôle public" pour Brigitte: "elle ne pourra pas atteindre le niveau de Michelle Obama"

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Ce jeudi soir sur TF1, Emmanuel Macron a dit qu'il souhaiterait que son épouse Brigitte joue un "rôle public" s'il est élu président, pour sortir d'une "hypocrisie française". Et en effet, le rôle des premières dames en France a beaucoup évolué depuis "tante Yvonne" aux côtés du Général de Gaulle jusqu'à Valérie Trierweiler. Le point avec Robert Schneider, auteur du livre Premières dames.

Robert Schneider est l'auteur du livre Premières dames (Ed. Perrin):

"Je suis d'accord avec Emmanuel Macron quand il parle d'hypocrisie au sujet du statut de la première dame. La première dame n'a aucun statut officiel, elle n'était même pas dans l'organigramme de l'Elysée, elle ne l'a jamais été.

Par exemple, c'est cocasse lors du premier septennat de Jacques Chirac, Bernadette était complètement occultée et elle disait 'je ne suis personne, mon mari est veuf'. Quand on appelait Madame Chirac à l'Elysée, on tombait sur sa fille, qui, elle, était dans l'organigramme parce qu'elle jouait un rôle.

Au départ, Charles de Gaulle a donné à son épouse le rôle de la maîtresse de maison dans un couple bourgeois. Elle s'occupait de l'intendance, des bonnes œuvres, du courrier et c'était tout. Petit à petit, le rôle de la femme du président a évolué, notamment avec Cécilia Sarkozy et Valérie Trierweiler, mais sans qu'il y ait de véritable statut.

La première dame qui a joué un véritable rôle c'est Danielle Mitterrand, notamment au niveau international et des droits de l'homme. Bernadette Chirac a eu un rôle plus important lors du second mandat de son mari, mais pas durant le premier. Cécilia Sarkozy a eu un rôle très important. Elle a fait nommer des ministres. Carla Bruni, elle, a été un modèle de discrétion, ce qui est curieux parce qu'elle avait été très politique avant. Et il y a eu Valérie Trierweiler qui a joué un rôle notamment en prenant position contre Ségolène Royal. La rupture n'a pas été immédiate, mais elle était en cours. Elle a d'ailleurs beaucoup agacé par ses prises de position.

"Apparemment, elle n'est pas faite pour la politique"

Si Emmanuel Macron veut que sa femme l'accompagne, c'est vrai qu'il faut qu'il y ait un statut. Il a dû lire les sondages après le départ de Valérie Trierweiler qui disaient que les Français ne voulaient pas de statut de première dame et surtout pas qu'elle soit rémunérée avec de l'argent public. Mais s'il dit qu'il veut un statut officiel, elle aura peut-être un bureau.

Aux Etats-Unis, le couple Macron est comparé au couple Obama, mais je ne pense pas que Brigitte Macron puisse atteindre le niveau d'une Michelle Obama. Avant d'être première dame, Michelle Obama a été avocate, donc elle a été en première ligne, ce qui n'est pas le cas de Brigitte Macron. Et puis la première dame américaine a un véritable statut, un bureau avec des collaborateurs et des conseillers.

Il voudra qu'elle soit à ses côtés mais je ne suis pas sûre qu'elle joue un rôle politique. Apparemment, elle n'est pas faite pour ça.

Après, les Français ne sont pas tellement attachés au personnage de la première dame, à cause notamment de l'évolution de la société. Ils sont sans doute attachés à ce qu'elle représente l'élégance française lors de réceptions, mais pas plus. Il faut surtout qu'elle ne coûte rien. On a appris après les mandats de Jacques Chirac, que Bernadette Chirac était très dispendieuse, et ça, les Français n'en veulent plus!"

Propos recueillis par Paulina Benavente