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Nicolas Sarkozy mis en examen: "Aucune preuve matérielle tangible dans le dossier", selon l'avocat de Claude Guéant

Nicolas Sarkozy a été mis en examen ce mercredi dans l'enquête sur des soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007. Pour Me Philippe Bouchez-El Ghozi, avocat de Claude Guéant, également mis en examen dans l'affaire, le dossier est vide.

Nicolas Sarkozy a été mis en examen ce mercredi soir après plus de 24 heures de garde à vue. Nicolas Sarkozy, qui nie les faits qui lui sont reprochés, a été mis en examen pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de fonds publics libyens" et placé sous contrôle judiciaire.

Pour Me Philippe Bouchez-El Ghozi, avocat de Claude Guéant, également mis en examen dans l'affaire pour "blanchiment de fraude fiscale en bande organisée", les accusations ne tiennent pas:

"Cette mise en examen va permettre à Nicolas Sarkozy et à ses avocats d'avoir enfin un accès au dossier puisque jusqu'à présent il subissait une attaque extérieure. En ayant accès au dossier, ça va leur permettre d'établir l'inanité des accusations proférées contre eux. Je suis le conseil de Claude Guéant depuis 5 ans dans ce dossier et je peux vous dire que dans ce dossier, vous n'avez aucune preuve tangible matérielle d'un quelconque financement. Ce dossier repose simplement sur des accusations de personnages sulfureux condamnés par la France à plusieurs reprises et notamment pour des faits de diffamation".

"Pas de trace de virements bancaires ou de malettes de cash"

L'avocat pointe le manque de preuves dans le dossier: "Il n'y a pas de trace de virements bancaires ou de malettes de cash. Le vrai problème de ce dossier, c'est qu'il repose sur des accusations de personnages intéressés ou des personnages condamnés. On en est réduits à ça. Au bout de 5 ans, on en est réduits à faire du spectaculaire, et le problème c'est qu'il va falloir des années pour démontrer son innocence alors qu'il faudrait démontrer une accusation".

La mise en examen de l'ancien président, 63 ans, dans le dossier libyen marque un formidable coup d'accélérateur dans cette affaire instruite par des magistrats du pôle financier depuis près de cinq ans.

P.B.