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"On est fatigués d’être déplacés": le désespoir de réfugiés syriens en Turquie, menacés d'être expulsés

La Turquie veut créer une zone tampon au nord de la Syrie pour pouvoir renvoyer une partie des réfugiés syriens qui ont été déplacés dans le pays.

L’armée turque poursuit son offensive pour créer, une zone tampon d’une trentaine de kilomètres à sa frontière avec la Syrie. Objectif, rapatrier chez eux une partie des 3.600.000 mille réfugiés syrien installés en Syrie. Des réfugiés qui ne veulent pas tous rentrer chez eux dans ces conditions.

Khaled et Arandas sont des réfugiés syriens. Le président turc n’a qu’un souhait : qu’ils repassent de l’autre côté de la frontière. Arandas lui en assez de fuir.

"Quand un homme fuit sa maison, il perd de sa valeur. Je ne parle pas seulement de moi-même, je parle au nom de tous les Syriens déplacés. Nous sommes un peuple opprimé, on est fatigués d’être déplacés. Fatigué de bouger et dépenser de l’argent", indique-t-il. 

Pas de trêve

Khaled nous montre des images de la maison en ruine qu’il a dû quitter en Syrie. Et nous parle de son quotidien en Turquie fait de petits boulots et de remarques racistes. "Du racisme, oui, il y en a. Si tu es réfugié ici, quand tu parles à quelqu’un tu es avant tout un Arabe", affirme-t-il.

Il veut avant tout rentrer chez lui. "Je veux revenir chez moi à Deir Ezzor, dans notre ville pour vivre à côté de notre famille, de nos proches", affirme le réfugié. 

Les combats ont redoublé d’intensité mardi. Le président turc refuse pour l’instant la moindre trêve. L'offensive turque a entraîné la mort de 70 civils syriens et de 135 combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ainsi que 120 combattants pro-turcs et cinq soldats Turcs.

Rémi Ink et Pierrick Bonno avec Guillaume Descours