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"Routes d'Europe": comment Venise tente de se protéger face au tourisme de masse

La "cité des Doges" bénéficie des avantages financiers du tourisme, mais vit mal cet afflux massif de visiteurs venant des quatre coins du monde. La ville a dû mettre en place une taxe journalière pour réguler et préserver ce joyau du bord de la mer Adriatique.

A cinq semaines des élections européennes, dernière étape de notre tour d’Italie ce samedi matin, à Venise. La ville du nord-est du pays est victime de son succès. Toute l’année, des touristes du monde entier viennent visiter la cité des Doges.

En 2017, 30 millions de touristes ont visité la lagune. Une aubaine mais aussi un cauchemar pour les habitants. Alors les Vénitiens se mobilisent pour protéger leur joyau. 

Pour tenter de limiter ce tourisme de masse, la municipalité a décidé d’instaurer une taxe d’entrée pour les visiteurs de la ville à partir du 1er septembre prochain. La municipalité pourrait ainsi engranger jusqu'à 50 millions d'euros par an.

"On a plus vraiment envie d’être accueillants. C’est devenu insupportable"

Depuis plusieurs semaines, les Vénitiens vont à la rencontre des touristes grâce à des expositions et des réunions publiques, pour leur faire comprendre que leur île est en danger face à ce tourisme de masse.

Dans les ruelles de Venise, Anna essaie de se frayer un passage, littéralement noyée parmi les touristes. Cette Vénitienne commence à perdre patience.

"Avec ces touristes, on a plus vraiment envie d’être accueillants. C’est devenu insupportable".

Cette restauratrice voit les petits commerçants de son quartier fermer boutique les uns après les autres.

"Ici il y avait l’un des plus grands fours à pain du quartier. Eh bien il va être transformé en kebab, évidemment"

Taxe de 3 euros pour ceux qui ne dorment pas sur place

Ce flux incessant abîme la ville, ses fondations sont de plus en plus fragiles. La mairie a donc décidé d’agir: à partir de septembre, chaque visiteur devra s’acquitter d’une taxe d’entrée de 3 euros s’il ne dort pas sur place. Ces touristes parisiennes ne sont pas contre.

"Pour préserver une ville comme Venise qui est quand même vraiment en danger pourquoi pas. Il faut participer à ça pour faire en sorte que dans dix ans on puisse encore découvrir la ville comme aujourd'hui."

Difficile cependant de filtrer les entrées dans la ville. Giovanni Andrea Martini, élu à Venise, propose un autre système.

"Il faudrait répartir cette masse de touristes sur différentes périodes de l’année, et que leur nombre ne dépasse pas celui des habitants"

L'île accueille 80.000 touristes chaque jour, contre seulement 54.000 habitants.

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A Venise, Pierrick Bonno et Anaïs Bouitcha (avec James Abbott)