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Sanctions américaines contre l'Iran: les entreprises françaises doivent-elles s'y plier? Ça fait débat sur RMC

Le 8 mai dernier, Donald Trump a annoncé le retrait de l’accord sur le nucléaire iranien avec le retour des sanctions économiques. Et précisé que ceux qui aideraient l’Iran de quelque façon que ce soit seront aussi sanctionnés. Autrement dit, les entreprises qui font commerce à la fois avec les Etats-Unis et l’Iran doivent choisir.

Malgré des protestations des alliés européens, les autorités américaines tentent d'imposer un embargo vis-à-vis de Téhéran, depuis leur retrait de l'accord sur le nucléaire iranien décidé unilatéralement et annoncé début mai. Et les entreprises ont commencé leur retrait de la république islamique.

D’abord Airbus qui venait de signer un contrat de 10 milliards de dollars pour la livraison d’une centaine d’avions. Contrat annulé de fait, puisque la plupart des pièces sont fabriquées dans des usines installées aux Etats-Unis.

Ensuite Total, et son investissement de 5 milliards de dollars pour exploiter un gisement pétrolier. Les clauses du contrat impliquaient le maintien de l’accord de Vienne.

Mais il y a surtout l’automobile. Renault qui a vendu 160.000 voitures en Iran l’an dernier va désormais devoir choisir entre l’Iran et les Etats-Unis. Même chose pour Volkswagen très implanté aux Etats-Unis ou encore pour PSA, qui représente 30% du marché en Iran. L’an dernier, Peugeot a vendu près de 500.000 véhicules en Iran. Un vrai manque à gagner, à la fois pour Peugeot et pour l’Iran. Peugeot précise négocier encore et toujours avec les autorités américaines pour obtenir une dérogation.

La riposte de Téhéran

En attendant, l’Iran riposte. Téhéran a annoncé cette nuit son intention d’accroître sa capacité d’enrichissement d’uranium.

Il s’agit de se tenir prêt. Au cas où l’accord s’écroule, Téhéran aura la capacité de poursuivre son programme nucléaire, y compris au niveau militaire. C’était le sens de la déclaration du guide suprême d’Iran, hier soir. Il a d’ores et déjà demandé d’augmenter la capacité de production d’UF6, élément essentiel pour enrichir l’uranium. Tout sera précisé dans une lettre qui sera transmise dans la journée à l’agence internationale de l’énergie atomique.

Dans le même temps, Israël est à la manœuvre pour appuyer les Etats-Unis et casser l’accord sur le nucléaire. Le premier ministre Benjamin Netanyahou était hier en Allemagne. Il a assuré à Angela Merkel que l’Iran tentait de provoquer une guerre de religion en Syrie. Et que cela aurait pour conséquence de provoquer un afflux de migrants en Allemagne. Il dira exactement la même chose à Emmanuel Macron ce mardi à Paris et à Theresa May mercredi à Londres.

Matthieu Rouault (avec P.B.)