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Syrie: un Casque blanc raconte le retrait du convoi humanitaire sous les bombes

Témoignage RMC. Nous avons pu joindre un membre des Casques blancs qui faisait partie de la mission humanitaire qui n'a pu convoyer l'aide aux Syriens assiégés dans la Ghouta. Pris sous les bombardements, les camions ont dû rebrousser chemin, non sans avoir été rançonnés par les soldats du régime Syrien, comme le raconte Amar Al Salma à RMC.

Le convoi humanitaire de l'ONU abrège sa mission dans la Ghouta en Syrie, l'enclave rebelle lourdement prise pour cible par le régime de Bachar al-Assad depuis mi-février. Pris dans les bombardements le premier convoi humanitaire s'est retiré en lundi début de soirée sans avoir livré toutes les aides. Plus tôt dans la journée une quarantaine de camions étaient entrés dans cette région de Damas assiégée, où vivent encore près de 400.000 personnes. 9 camions n'ont pas pu être déchargés. RMC a pu joindre un membre des Casques blancs, Amar Al Salma, qui faisait partie de la mission.

Il raconte: "Les civils sont toujours terrés dans les sous-sols des immeubles. Ils ne peuvent pas sortir dehors, c'est trop dangereux à cause des bombardements aériens. Donc ils restent sous terre, sans eau, sans nourriture et sans électricité." Avant la livraison, le convoi avait déjà affronté une première difficulté: la saisie d'une partie du chargement par l'armée syrienne. "Les soldats du régime ont retiré du chargement des camions, des choses primordiales comme des kits médicaux d'urgence".

"30 jours auraient été nécessaires"

Cette livraison humanitaire écourtée n'a pratiquement servi à rien, explique Raphaël Pitti, médecin humanitaire, qui a multiplié les aller-retour en Syrie depuis 2012. "30 jours auraient été nécessaires pour secourir l'ensemble de cette population. 9 heures, c'est largement insuffisant. Le régime au niveau des checkpoints s'arroge le droit de faire ouvrir les camions et de prendre le matériel qui lui convient. C'est scandaleux". Pour les habitants de la Ghouta, il reste un espoir de recevoir de l'aide. Un deuxième convoi humanitaire est prévu dans deux jours.

P. G. avec Céline Martelet